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Un journaliste meurt en détention

Deux journalistes camerounais ont assisté le 22 avril au décès en prison d'un collègue. Les trois journalistes avaient été incarcérés en mars parce qu'ils enquêtaient sur des affaires de corruption impliquant un collaborateur rapproché de la présidence et une société pétrolière dirigée par l'État, selon ce que rapportent Journaliste en Danger (JED), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters dans frontières (RSF) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Le journaliste Germain S. Ngota Ngota, connu sous son sobriquet de Bibi, souffrait d'hypertension artérielle et d'une hernie; il est mort après qu'on lui eut refusé des soins médicaux. Rédacteur en chef du journal « Cameroon Express », Ngota est le premier journaliste camerounais à mourir à cause de son travail, rapporte le CPJ.

Les journalistes Serge Sabouang et Robert Mintya sont toujours en prison et sont aussi extrêmement frêles, physiquement et psychologiquement. Les trois journalistes ont été jetés dans une cellule avec des criminels endurcis, sans lits ni installations sanitaires. Ils sont accusés d'avoir fabriqué conjointement un document portant la signature de Laurent Esso, un aide du président. Le document impliquerait Esso, qui est également président de la société National Hydrocarbons Company (SNH), dirigée par l'État, dans une affaire de paiements secrets à des administrateurs d'entreprises.

Selon le reporter Simon Hervé Nko'o, de l'hebdomadaire « Bebela », qui a aussi été en prison, les journalistes ont été torturés pour leur faire révéler leurs sources. L'auteur présumé du faux document, Nko'o, est entré dans la clandestinité depuis sa remise en liberté, rapporte RSF.

Le décès de Ngota est lié au harcèlement croissant et aux mauvais traitements que subissent les journalistes aux mains des forces de sécurité, et au recours à la législation criminelle contre les médias indépendants. La FIJ invite le président Paul Biya à faire cesser les arrestations arbitraires et la torture des journalistes. En mars, le CPJ a fait parvenir au Président une lettre au sujet des mauvais traitements infligés à 12 journalistes camerounais, au moins, qui ont couvert des affaires de corruption et les affaires du gouvernement.

En fait, toute dissidence est punie. Lapiro de Mbanga (de son vrai nom Pierre Roger Lambo Sandjo), auteur chansonnier, critique acerbe du gouvernement et membre d'un parti d'opposition, est en prison depuis plus de deux ans parce qu'il aurait participé à des émeutes antigouvernementales, selon ce que rapporte le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC).

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