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Des rédacteurs remis en liberté provisoire sur les ordres du Président

Le journaliste camerounais Robert Myinta
Le journaliste camerounais Robert Myinta

Les journalistes camerounais Robert Mintya et Serge Sabouang ont été remis en liberté conditionnelle le 24 novembre sur l'ordre du Président Paul Biya, selon ce que rapportent Journaliste en danger (JED), les Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC) et Reporters sans frontières (RSF). Ils étaient en prison depuis mars 2010.

Mintya, rédacteur en chef de l'hebdomadaire « Le Devoir » et président du conseil de l'éthique de l'Union des Journalistes Libres du Cameroun, et Sabouang, éditeur du journal bimestriel « La Nation », ont été arrêtés en mars et accusés d'avoir imité la signature du Directeur de cabinet du Président, Laurent Esso.

Selon RSF, des sources non confirmées affirment que Esso est mort la veille de leur remise en liberté.

Pour sa part, Bibi Ngota, rédacteur en chef du « Cameroun Express », avait lui aussi été incarcéré avec les deux autres journalistes. Ngota est mort en détention le 22 avril de causes inconnues, mais le CJFE croit qu'il est mort à cause des « conditions de détention effroyables et de l'absence de soins médicaux ».

Les trois journalistes ont reçu un hommage de la part du CJFE, qui leur a décerné la semaine dernière son Prix international de la Liberté de la presse. La soeur de Ngota, Thérèse Tchoubet, a pris la parole à Toronto et a déclaré : « Nous devons remercier le CJFE. Le fait que le CJFE a soulevé leur cas a contribué directement à la libération de Serge et de Robert. C'est une grande victoire. »

Sabouang a déclaré à JED qu'ils n'ont jamais été traduits devant un tribunal. « En dépit de notre remise en liberté, l'affaire est toujours pendante devant le tribunal », a-t-il ajouté. Le CJFE presse le gouvernement du Cameroun d'abandonner toutes les accusations et de reconnaître que Mintya et Sabouang, ainsi que Ngota, faisaient tout simplement leur travail de journalistes, et qu'ils n'ont commis aucun crime.

« Le fait qu'ils ont été relâchés la veille du jour où ils devaient recevoir leurs récompenses constitue pour nous la preuve que porter la pression au niveau international peut avoir des répercussions incroyables », dit le CJFE. « Cela nous inspire à continuer ce travail important au nom de nos collègues du Cameroun et de partout dans le monde. »

En raison de la détention prolongée des deux journalistes et du décès de Ngota, le Cameroun a glissé et perdu 20 places dans l'index de 2010 de la liberté de la presse de RSF.

Par ailleurs, une autre journaliste camerounaise, Rosine Flore Azanmene, de Radio Tiemeni Siantou, a reçu le Prix « Jean Hélène » de la liberté de la presse francophone la semaine dernière à Paris. Le prix couronnait une émission de radio diffusée en août au sujet de l'incapacité à nourrir convenablement les détenus de la prison principale de Yaoundé. Le prix a été créé conjointement par RSF, RFI - la grande station de radio d'informations internationales de France en ondes 24 heures par jour, et par le Département de la Paix, de la Démocratie et des Droits de la personne de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

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