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Le climat médiatique se durcit au fil des convocations et des suspensions au Cameroun

Les gens se rassemblent pour lire des journaux avec des titres de l'élection à Yaoundé, le 10 octobre 2011.
Les gens se rassemblent pour lire des journaux avec des titres de l'élection à Yaoundé, le 10 octobre 2011.

AP Photo/Sunday Alamba

Reporters sans frontières s'inquiète de l'attitude de plus en plus intransigeante du Conseil National de la Communication (CNC), présidé par Monseigneur Joseph Befe Ateba.

"Au cours des deux derniers mois, le CNC a clairement durci le ton envers les journalistes et les organes de presse en multipliant convocations et suspensions", a déclaré Reporters sans frontières.

"Le Conseil fait preuve d'une bonne foi discutable dans ses démarches en convoquant les journalistes à plusieurs reprises à des dates où il les sait absent et en les confrontant lors des audiences à des accusations autres que celles mentionnées sur la convocation. Nous appelons cet organe de régulation à ne pas outrepasser ses attributions par la menace, la pression et la censure", a ajouté l'organisation.

"Nous demandons également au CNC de rendre ses procédures de saisine et de délibération plus transparentes afin de désamorcer les soupçons d'arbitraire qui pèsent contre lui", a conclu Reporters sans frontières.

Le 28 octobre 2013, Benjamin Zebaze et Guibaï Gatama, directeurs de publication du quotidien Ouest-Littoral et de l'hebdomadaire L'œil du Sahel respectivement, ont été convoqués auprès du CNC, suite à des plaintes pour « manquement à l'éthique et à la déontologie ». La plainte contre Benjamin Zebaze déposée par Msgr Befe Ateba lui même concernait un article du 10 octobre 2013 sur la polémique créée par l'interdiction par le CNC de la publication des tendances électorales. Celle contre Guibaï Gatama, émise par le délégué général à la Sureté national, Martin Mbarga Nguele, visait un article du 15 octobre 2013 concernant des affrontements à la frontière Cameroun-Nigéria.

Tous deux absents de Yaoundé, capitale du pays, le jour de leur convocation, ils se sont fait représenter par leur collaborateur.

Dans les semaines précédant les élections législatives du 30 septembre 2013, le CNC avait commencé à durcir le ton.

Le 14 septembre 2013, son président avait distribué un guide à destination des journalistes en période électorales, détaillant toutes les séries de sanctions dont ils feraient l'objet en cas de manquement à l'éthique et à la déontologie. "Je serai vraiment très intransigeant", avait-il affirmé.

Le 5 septembre, plusieurs médias et professionnels de la communication avaient été les cibles de sévères sanctions prises par le CNC, allant de la suspension provisoire à la suspension définitive pour "non respect des dispositions de loi en matière de communication sociale". Il s'agissait des journaux The Chronicle, The Guardian Post et de leur directeur de publication ; de L'Epervier, de Radio Sky One et de Peguy Meyong, journaliste à Radio Satellite. Radio Djacom FM a été quant à elle, définitivement interdite de diffusion.

Institué par la loi n° 90/052 du 19 décembre 1990 relative à la liberté de la communication sociale, le Conseil National de la Communication est un organe de régulation et de consultation, doté de la personnalité juridique et de l'autonomie financière. Il n'a cependant pu exercer pleinement ses fonctions qu'à partir de l'année 2013, suite aux décrets portant sa réorganisation et nomination de ses membres, mais qui ne précisent toujours pas les procédures internes qui régissent son fonctionnement.

Le Cameroun est classé 120ème sur 179 pays dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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