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Le Cameroun utilise la loi antiterroriste pour faire taire la presse critique

Une sympathisante de Président Paul Biya en New York, le 22 août 2017
Une sympathisante de Président Paul Biya en New York, le 22 août 2017

REUTERS/Darren Ornitz

Cet article a été initialement publié sur cpj.org le 20 septembre 2017.

Selon un rapport du Comité pour la protection des journalistes publié aujourd'hui, la loi anti-terroriste du Cameroun, rédigée en termes généraux, est utilisée par les autorités pour arrêter et menacer les journalistes locaux. Ce rapport intitulé « Journalistes, pas terroristes : Au Cameroun, la législation anti-terroriste est utilisée pour imposer silence aux opposant et réprimer la dissidence » constate qu'en dépit d'un décret présidentiel mettant fin aux poursuites engagées contre au moins quatre journalistes, la loi qui a été utilisée à leur encontre est toujours en vigueur à l'approche des élections de l'année prochaine.

La loi anti-terroriste, promulguée pour combattre le groupe extrémiste Boko Haram, est utilisée pour faire taire les journalistes qui enquêtent sur le groupe militant, ou sur les troubles civiles qui sévissent dans les régions anglophones du Cameroun. Les journalistes arrêtés en vertu de cette loi, parmi lesquels le radiodiffuseur de Radio France Internationale et récipiendaire du Prix international de la liberté de la presse du CPJ, Ahmed Abba, sont traduits devant le tribunal militaire et encourent des peines sévères, voire la peine de mort. Abba purge actuellement une peine de prison de 10 ans. Plusieurs journalistes interviewés dans le cadre du rapport se disent trop effrayés par la répression de la presse au Cameroun pour couvrir les questions de nature politique ou sensible.

« Le Cameroun utilise manifestement la législation anti-terroriste pour faire taire les critiques dans la presse » a déclaré la directrice du programme Afrique du CPJ, Angela Quintal. « Quand vous assimilez le journalisme au terrorisme, vous créez un environnement dans lequel moins de journalistes sont disposés à couvrir les sujets sérieux qui font l'actualité par craintes de représailles. Le Cameroun doit modifier sa loi et arrêter de traduire les journalistes - qui sont des civiles - devant un tribunal militaire. »

Le rapport rédigé par Quintal contient des recommandations destinées au gouvernement camerounais et aux organisations internationales.

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