REGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Une journaliste menacée d'expulsion suite à la demande du maire d'une municipalité québécoise

(FPJQ/IFEX) - Ci-dessous, une lettre de la FPJQ adressée au Maire de la Municipalité de Notre-Dame-des-Pins. M. Viateur Boucher:

M. Viateur Boucher
Maire
Municipalité de Notre-Dame-des-Pins
2790, 1ère Avenue
Notre-Dame-des-Pins, QC, G0M 1K0

Monsieur le maire,

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a appris que lors d'une assemblée publique le 17 avril dernier à l'église Notre-Dame-des-Pins, vous avez demandé à la Sûreté du Québec d'expulser la journaliste Vicky Kenty affectée à la couverture de cet événement pour le journal L'Éclaireur Progrès/Beauce-Nouvelle.

Les policiers n'ont pas donné suite à votre requête, mais nous voulons vous sensibiliser au fait qu'elle est injustifiable dans une société démocratique qui reconnaît la liberté de la presse comme une des libertés fondamentales garanties par les Chartes.

La presse agit comme témoin des événements d'intérêt public. Les journalistes sont les yeux et les oreilles de leurs concitoyens. Ils leur permettent de savoir ce qui se passe dans leur communauté. Comment les citoyens forgeraient-ils une opinion éclairée si toute la diversité des faits et opinions relatifs aux affaires publiques n'étaient pas portés à leur connaissance? Comment pourraient-ils prendre des décisions démocratiques sans avoir accès à toute l'information?

Les journalistes ont le droit d'assister à tout événement public qui leur apparaît pertinent pour informer leur public. C'était de toute évidence le cas de la rencontre du 17 avril sur le tracé d'une future autoroute. C'est aux journalistes eux-mêmes qu'il revient de décider ce qu'ils couvrent et la façon dont ils le couvrent.

Un article de la journaliste paru le 14 mars a suscité votre réprobation, avez-vous déclaré publiquement. La journaliste y faisait part de votre opposition au tracé proposé de l'autoroute, et elle complétait l'information par le point de vue du maire de St-Georges, M. Roger Carette, qui appuie au contraire le tracé.

Il s'agit là d'un exemple de journalisme bien fait. La journaliste n'avait pas à servir votre cause en taisant qu'il existe des points de vue contraires, ou en retardant leur publication. Les journalistes ne sont pas des relationnistes au service d'un intérêt particulier. Ils ne sont pas les porte-parole des pouvoirs. Ils ne sont soumis à aucune stratégie de communication de la part de quelque groupe, industrie ou municipalité que ce soit. C'est le public qu'ils servent.

Voilà pourquoi nous avons été atterrés d'apprendre que vous avez déclaré à la journaliste qu'elle ne serait plus jamais invitée à Notre-Dame-des-Pins. C'est une mesure de représailles qui viole ses droits de journaliste et le droit du public à l'information.

Nous vous demandons donc de respecter la liberté de presse et de laisser la journaliste faire son travail selon les normes de sa profession.

La FPJQ, fondée en 1969, est une association professionnelle qui compte près de 2200 membres dans plus de 250 médias du Québec de tous les types. Les membres occupent toutes les fonctions du journalisme (reporters, recherchistes, photographes de presse, pupitres, affectateurs etc.) et tous les statuts d'emploi: cadres de l'information, salariés syndiqués et non syndiqués, pigistes et contractuels. Son mandat est de défendre la liberté de presse et le droit du public à l'information.

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments les meilleurs.

Claude Robillard
Secrétaire général

Latest Tweet:

Message of Hong Kong Journalists Association to Chinese authorities after a journalist was attacked & detained in B… https://t.co/kHM2p6dIWv