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Des journalistes et des manifestants sont agressés et détenus dans des manoeuvres de répression policière massive pendant la tenue du G20

Des journalistes et des manifestants pacifiques ont été tabassés et arrêtés dans une vague de répression par les forces de sécurité lors des manifestations qui ont accompagné le sommet du G20.
Des journalistes et des manifestants pacifiques ont été tabassés et arrêtés dans une vague de répression par les forces de sécurité lors des manifestations qui ont accompagné le sommet du G20.

André Paquin

Lorsque des milliers de personnes sont venues manifester le week-end dernier au sommet du G20 à Toronto, au Canada, une extension importante des pouvoirs policiers a mené à des fouilles arbitraires et à des arrestations de masse, tandis que de nombreux journalistes ont été tabassés et détenus après avoir tenté de faire leur travail. D'après les Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), des manifestations publiques légitimes de protestation ont été réprimées au moyen d'une force excessive déployée contre des manifestants non violents dans des zones désignées de libre parole.

D'imposantes clôtures de sécurité avaient été installées en prévision du sommet, dont les coûts en sécurité se situent à eux seuls à un milliard de dollars environ. Mais les séquences vidéo, les photographies et dossiers publiés présentent de violentes arrestations et une répression violente de la libre expression dans les rues de la ville, loin des clôtures de sécurité. Parmi les nombreux journalistes canadiens qui ont été attaqués, deux photojournalistes ont été arrêtés et inculpés. Un producteurs de nouvelles télévisées a été détenu, et un autre journaliste a été frappé au visage par un policier, tandis que d'autres encore ont été frappés à coups de bâton. Un vidéojournaliste a été projeté au sol et tabassé par la police. De nombreux journalistes ont été tout simplement empêchés de couvrir les manifestations.

Le journaliste pigiste Jesse Rosenfeld, qui travaillait pour « The Guardian », a été frappé à l'abdomen et jeté par terre. Un officier lui a dit que son laissez-passer de journaliste d'un centre de médias alternatif ne constituait pas une « carte de presse légitime ». Rosenfeld a déclaré aux nouvelles de la CBC qu'il a rétorqué : « Je ne résiste pas à mon arrestation. Je suis journaliste. Pourquoi me frappez-vous ? »

« Tous les journalistes accrédités avaient été passés au crible par des responsables de la sécurité. Il n'y a aucune raison pour qu'ils aient été détenus ou attaqués pendant qu'ils faisaient leur travail », dit le CJFE. Inviter simplement les gens à porter plainte contre le traitement qui leur est infligé ne constitue pas une réponse adéquate de la part des forces de sécurité, qui ont des comptes à rendre aux autorités politiques. Le CJFE continue à rassembler des informations sur d'autres journalistes qui ont été détenus et harcelés pendant qu'ils couvraient les manifestations du G20.

Sur environ 10 000 manifestants, quelques dizaines de protestataires violents ont causé des dommages aux magasins et aux banques du centre-ville, notamment en incendiant plusieurs voitures de police, la plupart le 26 juin. Les manifestants non violents ont été consternés de voir leur message aux dirigeants du G20 se perdre dans la couverture de la violence provoquée par une petite minorité, et par la répression policière qui a suivi, où celle-ci s'est arrangée pour épingler de nombreux manifestants légitimes et des passants innocents.

Le 27 juin, des passants, des journalistes et des manifestants pacifiques qui participaient à un rassemblement à bicyclette ont été bousculés, poussés et encerclés par les policiers de la brigade anti-émeute, puis arrêtés, selon ce que rapporte un journaliste du « Globe and Mail » qui a lui-même été pris dans la rafle. Des citoyens qui passaient par là, sacs d'épicerie à la main, ou qui ne faisaient que s'arrêter pour voir, ont eux aussi été empêchés de partir par la police, qui a utilisé la tactique dite de la « marmite » pour piéger les gens pendant des heures à une intersection importante du centre-ville, tandis que se déchaînait un violent orage.

Selon Amnistie Internationale Canada, « dans les rues, les manifestants se sont trouvés devant de hautes clôtures, et ont fait face à de nouveaux armements, à une surveillance massive et à l'impact intimidant d'une présence policière écrasante. Compte tenu de l'incertitude et de l'inquiétude suscitées par le fait qu'on ne savait pas de quels pouvoirs avait été investie la police en matière d'arrestation, tout cela créait une atmosphère dans laquelle d'innombrables individus se sont sentis incapables ou trop craintifs pour exercer leurs droits à la liberté d'expression et d'assemblée et pour participer à des rassemblements ou à d'autres événements. » Environ 900 personnes ont été arrêtées avant la fin du week-end; bien que la plupart d'entre elles aient été relâchées, selon ce que disent les dépêches. Amnistie, l'Association canadienne des libertés civiles et des politiciens d'opposition figurent parmi les nombreuses personnes qui demandent la tenue d'une enquête sur les détentions et la répression.

Parmi les milliers de manifestants devant Queen's Park (le parlement de l'Ontario) le 26 juin se trouvaient des gens des communautés éthiopienne, somalienne et vietnamienne, porteurs d'un message à l'intention des dirigeants de leurs pays d'origine qui participaient au sommet. Les Éthiopiens et les Vietnamiens protestaient contre l'emprisonnement de journalistes et de prisonniers politiques dans leur pays, entre autres violations des droits. D'après le Réseau libre des journalistes du Viêt-nam (Free Journalists Network of Vietnam, FJNV), plus de 400 personnes de la communauté canado-vietnamienne - dont certains avaient traversé le pays en avion pour l'occasion - s'étaient rendues sur place pour attirer l'attention sur le sort des journalistes, écrivains, blogueurs et défenseurs vietnamiens de la démocratie, qui sont arrêtés.

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