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Le maire de Saguenay doit cesser de boycotter Radio-Canada, déclare la FPJQ

(FPJQ/IFEX) - Le 14 octobre 2010 - La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) considère inadmissible et indigne de ses fonctions que le maire de Saguenay, Jean Tremblay, boycotte les journalistes de Radio-Canada.

Le maire a déclaré au Quotidien de Chicoutimi, samedi dernier, qu'il avait "le droit de répondre à qui il veut, quand il veut", accusant les journalistes de la société d'État de vouloir jouer le rôle de l'opposition à l'hôtel de ville. À son avis, "les citoyens ont choisi de ne pas avoir d'opposition" et Radio-Canada n'a pas à lui demander des comptes.

Le maire se comporte en roitelet, et il entend régner sans partage. La FPJQ est outrée qu'un élu municipal se comporte comme si le droit du public à l'information n'existait pas, et comme si nous ne vivions pas en démocratie. En agissant de la sorte, M. Tremblay ne boycotte pas seulement Radio-Canada, mais les dizaines de milliers d'auditeurs et de téléspectateurs qui y puisent leur information.

Il faut rappeler haut et fort que les médias ont non seulement le droit, mais aussi le devoir de scruter les actions et les décisions du maire Tremblay, comme celles de n'importe quel autre maire. La liberté de presse est cette liberté des médias de demander des comptes à ceux qui détiennent les divers pouvoirs. Elle s'est forgée contre l'absolutisme des monarques d'une autre époque qui estimaient, eux aussi, ne pas avoir de comptes à rendre à personne.

Pour un élu, l'obligation de rendre des comptes est une exigence implicite de la démocratie. Et il ne peut faire abstraction des médias, qui constituent un rouage essentiel de cette mécanique de reddition des comptes.

Il est désolant que de tels comportements autocratiques puissent encore se produire au Québec. Le Dossier noir des affaires municipales, que publiera prochainement la FPJQ, montre que le cas du maire Tremblay, même s'il est extrême, n'est pas isolé.

La Fédération demande au maire Tremblay de cesser son boycott, à défaut de quoi elle appelle tous les journalistes de Saguenay à se montrer solidaires de leurs collègues de Radio-Canada. L'outrage infligé aujourd'hui à ces journalistes, n'importe quel autre journaliste régional qui aura eu l'heur de déplaire au maire pourra le subir demain.

Tant et aussi longtemps que le maire ne reviendra pas sur ses positions, la FPJQ recommande aux journalistes de la SRC d'inclure dans leurs reportages chaque refus du maire de répondre aux questions.

C'est une information pertinente pour que la population de Saguenay puisse porter un jugement informé sur ses élus.

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