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La FPJQ très inquiète du congédiement du directeur général de l'information à Radio-Canada

(FPJQ/IFEX) - 2012.02.23 - La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) est inquiète au plus haut point du congédiement d'Alain Saulnier, directeur général de l'information à Radio-Canada. Ce départ aussi précipité qu'inexpliqué fait craindre le pire pour l'avenir du journalisme chez le diffuseur public.

Alain Saulnier est reconnu dans le milieu journalistique comme un défenseur acharné de l'information de qualité et d'un journalisme rigoureux et sans complaisance. À titre de directeur général de l'information de Radio-Canada, il a notamment été à l'origine de l'émission Enquête, dont l'équipe a déterré plusieurs scandales majeurs. On n'a qu'à penser au favoritisme dans l'octroi des contrats public, l'infiltration du crime organisé sur les chantiers de construction et les vérifications de complaisance à l'Agence de revenu du Canada pour s'en convaincre.

Il a aussi accordé une place de choix à l'information internationale, afin que les Québécois s'ouvrent au monde, conférant à la SRC un rôle que les diffuseurs privés n'avaient ni les moyens, ni l'intérêt de jouer.

Alain Saulnier fut l'un des présidents les plus respectés et les plus appréciés de la FPJQ, entre 1991 et 1997. Il a été l'instigateur du Guide de déontologie des journalistes du Québec, adopté en 1996, une référence toujours d'actualité en matière de bonnes pratiques journalistiques. Il a aussi défendu fermement l'indépendance de Radio-Canada contre les diverses tentatives d'ingérence qui se sont succédées de la part du pouvoir politique.

Sa mise à la porte, présentée officiellement aujourd'hui comme un «départ», prend les allures d'une première salve des conservateurs dans leur bataille pour réduire la taille, l'influence et le budget de Radio-Canada. À la veille de compressions importantes à la SRC, la FPJQ craint plus que jamais qu'on saborde le mandat d'information du diffuseur public.

La FPJQ se demande d'ailleurs si les attaques incessantes des conservateurs au pouvoir à Ottawa contre Radio-Canada, qu'ils tiennent responsable en partie de leurs insuccès électoraux au Québec, n'auraient pas un lien avec le départ forcé d'un défenseur de l'indépendance de la société d'État.

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