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RCA: la radio de Bangassou fermée par les violences armées

De combattants de Seleka pres la ville de Kuango, République centrafricaine, le 9 juin 2014
De combattants de Seleka pres la ville de Kuango, République centrafricaine, le 9 juin 2014

REUTERS/Goran Tomasevic

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 18 octobre 2017.

Reporters sans frontières (RSF) dénonce les pressions des groupes armés contre la principale source d'information locale à Bangassou, la radio Mbari. L'organisation rappelle à l'ensemble des parties en conflit la nécessité de respecter la liberté de la presse et l'indépendance des médias.

Régulièrement menacée par des groupes armés, qui reprochent à la radio Mbari de ne pas diffuser suffisamment leurs messages, la radio communautaire de Bangassou a dû cesser d'émettre. Ce média est la principale source d'information locale dans cette région du sud-est de la République centrafricaine, qui est en proie depuis plusieurs mois à de violents conflits entre les forces d'auto-défense locales et les éléments du mouvement de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) d'Ali Darass, ancien commandant de la Seleka.

Ce 13 octobre, un nouveau degré de violence a été atteint lorsqu'un membre du groupe d'auto-défense a fait irruption dans les locaux de la radio pour faire diffuser un communiqué interdisant à la population de se rendre au marché voisin de Tokoyo, dans la ville de Bangassou. L'animateur souhaitait faire viser le communiqué par le responsable des programmes avant de le diffuser mais le milicien l'a menacé de sa mitraillette et a contraint le journaliste à le lire en direct à l'antenne.

Face à l'insécurité croissante, la direction de la radio a préféré suspendre temporairement ses émissions. La radio Mbari avait joué un grand rôle dans le retour à la normale de la situation après l'attaque de la mosquée de Tokoyo en mai 2017 et les déplacements de population qui avaient suivis. Elle avait appelé la population au calme et donné la parole aux différents belligérants. La radio des Nations Unies, Gira FM, qui diffuse également dans la région, jouit d'une crédibilité moindre étant perçue parfois comme une radio de propagande.

"Les médias ne sont pas les porte-voix des groupes armés mais doivent servir à informer la population, surtout en temps de conflits," rappelle RSF. "Nous demandons à toutes les parties au conflit de respecter la liberté de la presse et de cesser les menaces contre les journalistes et les médias."

La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader en RCA depuis l'élection présidentielle qui a mis un terme à la transition politique de la présidente Samba-Panza en mars 2016 et qui a vu une reprise des conflits entre groupes armés dans la quasi totalité du pays.

La RCA occupe la 113e place au Classement de Reporters sans frontières en 2017.

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