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L'Assemblée nationale annonce la prolongation de l'état d'urgence pour une période de six mois, entérinant la censure préalable de la presse

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est consternée par la prolongation de l'état d'urgence, le 23 novembre 2006, par l'Assemblée nationale tchadienne, pour une période de six mois, entérinant la censure préalable de la presse écrite et la surveillance permanente des radios privées.

"Sourd aux arguments les plus simples, fermé à tout dialogue et décidé à asphyxier toutes les publications qui le critiquent, le gouvernement tchadien a choisi une voie qui ne fera, en fin de compte, que l'affaiblir. La presse privée, à tort ou à raison, est désormais certaine qu'elle est considérée comme un ennemi de l'Etat et cela ne servira que l'intérêt de ceux qui veulent le renverser. Il n'est pas trop tard pour revenir sur ces mécanismes de censure et de surveillance, qui sont l'aspect le plus désolant de l'état d'urgence", a déclaré Reporters sans frontières.

Par 77 voix contre 0 et 6 abstentions, les députés ont voté, le 23 novembre dans la soirée, la prolongation de l'état d'urgence pour une période de six mois dans les régions de Hadjer Lamis (Chari Baguirmi, Ouest), du BET (Borkou, Ennedi, Tibesti, Nord), du Moyen-Chari (Sud) et dans la ville de N'Djamena. Un député de l'opposition a expliqué à Reporters sans frontières que le vote a eu lieu sans que les parlementaires aient pu mener un débat préalable.

Selon le décret n°1014 du 13 novembre, les groupes de presse "sont tenus d'obtenir l'autorisation préalable du Comité régional de censure avant l'impression des journaux". Ce comité est composé de hauts fonctionnaires du ministère de la Communication, de la Direction de la communication de la présidence, de la Primature, du ministère de la Sécurité publique et de l'Immigration (Renseignements généraux), du ministère de la Défense nationale, du ministère de l'Administration du territoire et de la Direction du contentieux administratifs du gouvernement. Il a pour mission "de recevoir, lire et donner l'autorisation de publication pour toutes les éditions destinées au public".

Hormis le quotidien progouvernemental "Le Progrès", la plupart des journaux paraissant à N'Djamena ont choisi de stopper leur publication, après avoir paru barrés de bandeaux noirs sur lesquels était imprimé "Partie censurée". Les passages supprimés par les fonctionnaires étaient considérés comme "susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale".

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