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Un journaliste d'une radio communautaire détenu par la police de Moissala

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières demande la libération de Marcel Ngargoto, journaliste de la station communautaire Radio Brakoss, basée à Moissala (Sud), et secrétaire général de l'association Droits de l'Homme sans frontières (DHSF), détenu depuis le 31 janvier 2007 par la gendarmerie locale.

"Les autorités de Moissala utilisent le prétexte de l'état d'urgence pour servir leurs propres intérêts. Radio Brakoss n'en est pas à sa première altercation avec elles et la reprise des combats leur permet de s'imposer pour punir ceux qui les dérangent. Il n'existe aucune justification pour maintenir un journaliste en détention, sous prétexte qu'il représente un danger potentiel pour la patrie. Ce type de comportement, au contraire, ne fait qu'aggraver les tensions entre la population et le pouvoir", a déclaré l'organisation.

Marcel Ngargoto a été arrêté dans la matinée du 31 janvier par les gendarmes de la ville de Moissala et se trouve en détention depuis cette date dans les locaux de la gendarmerie. Aucune charge n'a été officiellement notifiée contre lui. D'après le président de DHSF, Deuzoumbé Passalet, les autorités locales reprochent au journaliste "la brutalité avec laquelle il traite certaines informations sensibles et qui sont susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale".

Cette arrestation intervient alors que l'état d'urgence a été proclamé au Tchad en novembre 2006, après que des violences intercommunautaires et des combats entre groupes rebelles et troupes gouvernementales ont ensanglanté les provinces de l'Est. Dans le cadre de l'état d'urgence, la presse écrite est soumise à la supervision stricte d'un bureau de censure et les radios ont interdiction de traiter de sujets sensibles. Depuis plus de trois mois, les journaux de N'Djamena, à l'exception du quotidien progouvernemental "Le Progrès", paraissent amputés de nombreux articles et se trouvent, du coup, plongés dans une situation financière inquiétante. L'arrestation de Marcel Ngargoto est le premier acte coercitif envers une des radios privées tchadiennes, même si celles-ci sont étroitement surveillées par les autorités.

En 2005 et 2006, sous la pression du gouvernement et après avoir été arrêté deux fois, l'ancien directeur de Radio Brakoss, Tchanguiz Vatankhah, réfugié politique d'origine iranienne, avait dû renoncer à son poste et s'engager à ne plus s'immiscer dans les affaires politiques tchadiennes.

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