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Un directeur de publication détenu au siège des renseignements généraux

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières demande aux autorités tchadiennes de fournir des explications sur l'arrestation, le 14 décembre 2007 à l'aube, de Nadjikimo Benoudjita, directeur de publication de l'hebdomadaire privé "Notre Temps", estimant qu'il devrait être remis en liberté s'il est détenu en raison de son activité journalistique.

"D'une part, un gouvernement qui s'affranchit des règles du droit pour sanctionner un citoyen prétendument coupable d'un délit donne un piètre exemple. D'autre part, l'arrestation d'un journaliste critique en raison de ses publications n'offre aucune réparation à celui qui s'est senti offensé. Pour ces deux raisons, les autorités tchadiennes doivent faire preuve de transparence et ne pas se laisser aller à des comportements brutaux avec la presse privée, qui mènent invariablement à une radicalisation de son discours", a déclaré l'organisation.
Le 14 décembre aux alentours de 6h00 du matin (heure locale), une vingtaine de soldats circulant à bord de quatre pick-up Toyota ont fait irruption au domicile de Nadjikimo Benoudjita à N'Djamena, qui sert aussi de rédaction à "Notre Temps" qu'il dirige. Après avoir affirmé qu'ils avaient "besoin de lui", ils ont contraint, sans présenter de mandat, le journaliste à monter à bord de l'un des véhicules. Ils ont affirmé qu'ils devaient le conduire au commissariat central, mais le journaliste est actuellement détenu au siège des services des Renseignements généraux.

Aucun motif n'a été fourni pour son arrestation, mais des journalistes locaux estiment qu'elle pourrait être liée à la publication, dans le numéro 325 paru le 11 décembre, d'un éditorial intitulé: "Sarko, pas de larmes de croco". Dans cet article, Nadjikimo Benoudjita se livrait à une critique virulente de la politique française en Afrique, estimant que "la classe politique (. . .), de De Gaulle à Chirac, en passant par Giscard et Mitterrand, a passé son temps à soutenir des tyranneaux aux mains souillées de sang et à s'acoquiner avec les voyoucraties africaines contre les intérêts de leur population". Interrogeant publiquement le président français Nicolas Sarkozy sur sa connaissance des réalités tchadiennes, il affirmait que "la main noire qui a frappé avec zèle les élites du Sud" sous le régime d'Hissène Habré était celle de l'actuel président, Idriss Déby Itno, dont les actes étaient violemment mis en cause. Il conseillait enfin à Nicolas Sarkozy d'utiliser "les immenses moyens que la France dépense à entretenir une guerre [au Tchad] pour réconcilier les Tchadiens et les autres Africains entre eux, afin de tourner la page de cette vieille Afrique et construire la nouvelle, censée être partenaire à part égale de l'Europe".

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