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Le directeur d'un radio libéré après trois jours de détention, sa station toujours fermé; la FIJ appelle les autorités à mettre fin à la répression des médias

(FIJ/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de la FIJ daté du 21 janvier 2008:

La FIJ appelle les autorités tchadiennes à mettre fin à la répression des médias

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a appelé aujourd'hui les autorités tchadiennes à mettre fin à la vague de répression des médias, qui a débuté en novembre 2006 à la suite d'un violent conflit dans l'Est du pays et s'est plus récemment traduite par la détention et l'intimidation des dirigeants des médias.

Lazare Djekourninga Kaoutar, le directeur de la station de radio FM Liberté, est inculpé pour "diffusion de fausses informations". Il a été libéré le 18 janvier après trois jours en prison, mais la station est toujours fermée. Il doit comparaître devant le tribunal aujourd'hui.

"Cette dernière arrestation est un autre aspect de la répression des médias en cours par les autorités tchadiennes," a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. "Nous appelons la police tchadienne et le gouvernement à mettre un terme à l'injuste accusation portée contre Lazare et de rouvrir la station de radio immédiatement."

Selon des sources locales, au moins deux autres directeurs de médias ont fait face à des intimidations par les autorités tchadiennes et ont peur pour leur sécurité.

Kaoutar, le directeur de FM Liberté basée dans la capitale, N'Djamena, a été arrêté le soir du 16 janvier. Plus tôt dans l'après-midi, des agents de police sont arrivés à la station à la recherche du directeur. N'étant pas au bureau, la police a arrêté le coordinateur de la rédaction Madji Madji Odjitan, mis le personnel hors des locaux et fermé les bureaux de la radio. Odjitan a été relâché lorsque Kaoutar s'est rendu à la police pour savoir ce qui se passait.

Le directeur des programmes de la station, Eliakim Vanambyl a dit à la FIJ que le directeur était "détenu en rapport avec une déclaration de l'Association tchadienne pour la Défense des Droits des Consommateurs (ADC), que nous avons diffusé cette semaine." La déclaration de l'association disait que des policiers corrompus demandaient aux gens de payer deux fois le prix officiel pour les cartes d'identité.

Elhadj Daouda Adam, président de l'ADC, a été arrêté le 17 janvier dans le cadre de la même déclaration.

Cinq organisations de médias tchadiens dans une déclaration conjointe ont condamné le 18 janvier "le silence complice du Haut Conseil de la Communication," qui n'a pas protesté contre l'arrestation, et a annoncé le "gel de la participation de ses représentants au sein du Conseil".

En décembre 2007, Nadjikimo Benoudjita, directeur de publication de l'hebdomadaire Notre Temps, a été détenu illégalement par les autorités pendant quatre jours suite à un article qu'il avait écrit accusant le Président de purification ethnique. Il a été libéré sous caution et inculpé pour "incitation à la haine tribale". Il devrait être jugé le 29 janvier. Notre Temps est toujours fermé.

En novembre 2006, l'Assemblée Nationale tchadienne a prorogé de six mois l'état d'urgence décrété dans la plupart des localités du pays pour mettre fin à la violence dans l'Est. En étendant l'état d'urgence, l'assemblée a aussi prorogé la loi qui soumet la presse écrite privée à une autorisation préalable d'agents de l'Etat avant la publication. Les radios étaient elles aussi limitées dans la couverture des problèmes du pays.

La FIJ représente plus de 600 000 journalistes dans 120 pays dans le monde.

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