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Journaliste tchadien condamné pour publier une pétition

MISE À JOUR: Le Journal des journaux, en soutien au journaliste Jean-Claude Nekim, autorisé à paraître (RSF, 27 septembre 2012)

(RSF/IFEX) - 18 septembre, 2012 - Reporters sans frontières est consternée par la décision rendue par la justice tchadienne, le 18 septembre 2012, condamnant le journaliste Jean-Claude Nekim à un an de prison avec sursis et une amende d'un million de francs CFA (1500 euros), pour "diffamation". N'Djaména bi-hebdo, le journal d'opposition dont il est le directeur de publication, est suspendu pour trois mois.

Dans la même affaire, le président de l'Union des syndicats du Tchad (UST), Michel Barka, son vice-président, Younous Mahadjir, et son secrétaire général, François Djondang, ont été condamnés à de la prison avec sursis et des amendes. Ils ont été reconnus coupables d'"incitation à la haine" pour avoir fait circuler une pétition dénonçant l'"arbitraire du pouvoir Deby". Sous le titre "L'UST lance une pétition contre la mal gouvernance", une simple brève avait été consacrée à la pétition par le journal.

"Cette décision semble signifier que certains titres de presse ne sont pas autorisés à couvrir librement la crise sociale qui sévit au Tchad. Jean-Claude Nekim et N'Djaména bi-hebdo sont sanctionnés pour avoir évoqué un sujet d'intérêt général. La pétition incriminée dénonce des problèmes – mauvaise gestion, impunité, cherté de la vie, etc. – ressentis par une large partie de la population", a déclaré l'organisation, qui estime que le mauvais climat entre le pouvoir et la presse franchit une nouvelle étape avec ce verdict.

Interrogé par Reporters sans frontières, un journaliste tchadien ayant assisté à l'audience a affirmé : "C'était un procès expéditif. Le procureur n'a pas prouvé la diffamation. Les avocats de la défense ont quitté la salle en signe de protestation. Ce procès ressemble à un règlement de compte avec Jean-Claude Nekim et son journal. D'autres titres avaient publié en intégralité la pétition du l'UST. Ils n'ont pas été inquiétés ; c'est simplement N'Djaména bi-hebdo qu'on a frappé".

En juillet dernier, Reporters sans frontières s'était entretenue, à Paris, avec le ministre tchadien de l'Information et de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hassan Sylla Bakari, qui avait assuré l'organisation que la liberté de l'information était garantie et protégée au Tchad.

"La liberté de la presse est un acquis dans notre pays. Nous ne la remettrons pas en cause. Chez nous, aucun journaliste n'est en prison et la liberté de ton est très forte. Le gouvernement est violemment attaqué dans la presse, mais c'est normal qu'il y ait des critiques. Je n'y vois pas d'inconvénient", avait-il affirmé.

Reporters sans frontières estime que ces déclarations ne peuvent plus être prises au sérieux alors que la justice s'empresse de prononcer des peines de prison, quand bien même avec sursis, contre un journaliste qui n'a fait que contribuer à la circulation d'une information d'intérêt général.

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