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Les protestations citoyennes attirent l'attention sur les problèmes de la concentration de la propriété des médias, indique un nouveau rapport de RSF

Une soudaine poussée d'agitation citoyenne au Chili, depuis les étudiants qui manifestent contre un système scolaire coûteux et injuste, jusqu'aux mineurs qui exigent de meilleures conditions de travail, pourrait contribuer à casser l'oligopole médiatique du pays hérité du régime Pinochet, indique un nouveau rapport de Reporters sans frontières (RSF).

D'après RSF, en effet, les protestations représentent un défi lancé à la face du système politique, économique et médiatique hérité des années Pinochet. « Vingt de pouvoir de la Concertation démocratique ont maintenu une concentration extrême des médias, lourde de conflits d'intérêts et d'obstacles au pluralisme », dit RSF.

« Il y a aujourd'hui moins de presse écrite dans ce pays qu'à la fin de la dictature », a déclaré à RSF Francisco Martorell, ancien vice-président de l'Association des journalistes du Chili et actuel rédacteur en chef du mensuel « El Periodista ».

Le rapport met en lumière les « oligopoles nationaux » d'El Mercurio et de Copesa, propriétaires respectivement des journaux « El Mercurio » et « La Tercera », les seuls bénéficiaires d'un système de subventions instauré sous la dictature et qui rapporte 5 millions de dollars US par année.

RSF décrit une situation similaire dans le monde de la radio, en vertu de laquelle le groupe médiatique espagnol Prisa, propriétaire du journal « El Pais », « possède également environ 60 pour 100 cent des fréquences radio ».

Grâce aux mouvements de protestation d'aujourd'hui, cependant, la concentration des médias est remise en question.

« On constate une sensibilisation accrue et on assiste même à un réveil citoyen qui a été tenu en laisse pendant longtemps à cause du traumatisme de la dictature », a dit à RSF Manuel Fuentes, correspondant en chef à Santiago de l'agence de nouvelles espagnole EFE.

RSF attire particulièrement l'attention sur la façon dont les médias en ligne, les médias communautaires et les médias alternatifs jouent un rôle central dans les mouvements de protestation contre la hausse des frais de scolarité, contre le projet hydroélectrique HydroAysén et les conditions de travail des mineurs et les protestations de la minorité mapuche.

« Exister à la marge a fini par nous réunir dans une alliance », a déclaré Pia Figueroa, chef de Pressenza, une agence en ligne spécialisée dans la couverture des conflits et dans la promotion de la non-violence. « Le soutien de nos réseaux externes est décisif dans le processus de construction de formes alternatives de communication. »

Une bulle médiatique ébranlée par l’ébullition citoyenne

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