RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

DURES PEINES IMPOSÉES À DES DISSIDENTS OUIGHOURS

Quelques jour à peine après qu'ARTICLE 19 et Reporters sans frontières (RSF) eurent rapporté la semaine dernière qu'un militant ouighour avait été condamné à neuf ans de prison pour avoir diffusé sur Internet des articles « sécessionnistes », un militant ouighour de nationalité canadienne a été condamné à la prison à vie, indiquent les médias.

Ablikim Abdiriyim, fils de Rebiya Kadeer, finaliste pour l'obtention du prix Nobel de la paix, a été condamné le 17 avril à neuf ans de prison pour avoir instigué des activités sécessionnistes et s'y être livré, avoir retourné le public contre le gouvernement chinois et avoir déformé les politiques de la Chine concernant les droits de la personne et les rapports avec les ethnies, rapportent ARTICLE 19 et RSF. Il a en outre été dépouillé pour trois ans de ses droits politiques. Cette peine entrera en vigueur à sa sortie de prison. Amnistie Internationale confirme que Abdiriyim était très malade, résultat de graves passages à tabac subis depuis qu'il est détenu, soit depuis juin 2006. On lui aurait refusé tout accès à des soins médicaux.

Selon l'agence de nouvelles officielle chinoise Xinhua, un de ses crimes a été de demander que deux articles qu'il avait téléchargés sur Internet en 2004 - « Questions dont il faut être conscient et qui sont interdites dans la Jihad » et « La lutte vers l'indépendance » - soient téléchargés par le service de Yahoo! en langue ouighoure. Mais, selon RSF, Yahoo! ne tient aucun contenu en ouighour.

Abdiriyim est membre de l'importante population ouighoure de la région du Xinjiang, en Chine - laquelle est à majorité musulmane et confine au Pakistan, à l'Afghanistan et à l'Asie centrale - région qui souhaite depuis longtemps son autonomie par rapport à Pékin. Selon ARTICLE 19, la mère d'Abdiriyim, Rebiya Kadeer, a été condamnée en 1999 à six ans de prison après avoir été reconnue coupable d'avoir « coulé des secrets d'État ». À sa libération, elle a été exilée aux États-Unis où elle continue de travailler à défendre les droits du peuple ouighour.

La peine d'Abdiriyim s'inscrit dans le contexte plus vaste des limites croissantes imposées à la liberté d'expression en Chine sous prétexte de la guerre à la terreur, dit ARTICLE 19. Les autorités chinoises ont désigné les militants ouighours comme des terroristes parce qu'ils auraient recours à la violence dans leur lutte pour créer au Xinjiang l'État indépendant du Turkestan oriental.

Deux jours à peine après que la peine d'Abdiriyim lui eut été imposée, le militant canadien des droits de la personne des Ouighours Huseyin Celil était réputé « terroriste » et condamné à la prison à vie, rapportent Amnistie Internationale et les médias canadiens. Né et ayant grandi en Chine, Celil a été arrêté après avoir fait campagne en faveur des droits des Ouighours. Il s'était toutefois échappé de prison en 2000 et avait fui en Ouzbékistan. Il s'était ensuite rendu en Turquie puis au Canada, dont il a reçu la citoyenneté en 2005.

Cependant, lors d'une visite dans la famille de sa femme en Ouzbékistan en mars 2006, Celil a été arrêté et extradé en Chine. Le Canada a irrité les responsables chinois en exerçant des pressions agressives pour obtenir sa remise en liberté - la Chine ne reconnaît pas la citoyenneté canadienne de Celil et soutient qu'il n'est assujetti à aucune entente de nature consulaire.

Consulter les sites suivants :
- ARTICLE 19, sur Abdiriyim :
http://www.article19.org/pdfs/press/china-sedition.pdf
- RSF, sur Abdiriyim : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=21823
- Amnistie Internationale, sur Abdiriyim : http://tinyurl.com/22b29z
- Amnistie Internationale, sur Celil : http://tinyurl.com/ytjdzs
- Journal « The Globe and Mail », sur Celil : http://tinyurl.com/2dnoc2
(24 avril 2007)

Dernier Tweet :

Lebanon ramps up interrogations of online activists https://t.co/HT4jUPzkAq @Advox @timourazhari