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Trois journalistes suspendus après la "gaffe" de la publicité sur les mères du 4 juin

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières condamne les sanctions prises par les autorités à l'encontre de trois responsables de la rédaction d'un quotidien de Chengdu (province du Sichuan, Sud-Ouest) qui a diffusé une publicité rendant hommage aux mères des victimes du massacre de la place Tiananmen, le 4 juin 1989.

"Ces trois journalistes sont des victimes innocentes à double titre. Ils ont laissé passer cette publicité car l'une de leurs employés ne savait pas ce qui s'est passé le 4 juin 1989, tant la censure est implacable sur cet événement. Ces journalistes sont ensuite victimes d'une purge, caractéristique des méthodes du gouvernement. Nous demandons aux autorités de suspendre ces sanctions et de mettre fin à la censure sur les événements du 4 juin 1989", a affirmé Reporters sans frontières.

L'organisation redoute par ailleurs que la personne qui a réalisé la publicité ne soit arrêtée et condamnée à une lourde peine de prison.

Le 7 juin 2007, l'agence Reuters a révélé que trois responsables de la rédaction du "Chengdu Wanbao" avaient été renvoyés pour avoir laissé publier une publicité d'une ligne rendant hommage aux mères courageuses du 4 juin, en référence aux mères des victimes de la place Tiananmen qui défendent la mémoire de leurs enfants.

Li Zhaojun, rédacteur en chef adjoint, serait l'une des victimes de la suspension décidée après une enquête officielle. La veille, un quotidien de Hong Kong avait affirmé que la jeune employée qui avait donné son accord pour le passage de la publicité n'était pas au courant des événements de juin 1989. Elle avait tout de même téléphoné à l'auteur de la publicité qui lui avait expliqué qu'il s'agissait d'un hommage aux victimes d'un accident dans une mine. Deux autres journaux de Chengdu ont été sollicités par l'auteur de la publicité, mais des responsables de la rédaction ont refusé de la passer, connaissant les risques encourus.

Depuis maintenant 18 ans, le gouvernement, notamment à travers le Département de la propagande, interdit toute allusion sur les événements du 4 juin 1989 qui ont entraîné la mort de milliers de manifestants.

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