RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les autorités ouvrent la chasse aux "fausses informations" après l'arrestation troublante du journaliste Zi Beijia

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce l'instrumentalisation à des fins de propagande de l'affaire des "gâteaux en carton". Les autorités ont lancé une campagne contre les faux reportages qui prévoit de "lourdes peines" pour leurs auteurs.

"L'arrestation du journaliste Zi Beijia semble être utilisée par les institutions en charge de la presse pour renforcer leur contrôle sur le contenu des médias. Bien entendu, les faux reportages sont condamnables déontologiquement, mais l'Etat n'a pas à intervenir dans ces affaires de manière aussi brutale. C'est un problème qui doit se régler au sein des rédactions. Aussi, nous demandons la libération de Zi Beijia et la fin de cette campagne gouvernementale qui démontre avec force que la presse chinoise n'est pas encore débarrassée de la tutelle gênante de l'Etat", a déclaré l'organisation.

Le 25 juillet 2007, la presse chinoise a annoncé que les trois institutions en charge de contrôler les médias - le Département de la propagande du Parti communiste, l'Administration d'Etat de la radio, des films et de la télévision et l'Administration d'Etat de la presse et des publications - ont adressé une circulaire nationale menaçant les journalistes et les médias de lourdes sanctions en cas de diffusion de fausses informations.

Selon un article publié sur le site Internet du "Quotidien du Peuple", les journalistes coupables d'avoir provoqué l'"anxiété du public" ou d'avoir "terni l'image de la Nation" en fabriquant de fausses informations, seront punis sévèrement. Les médias seront également sanctionnés. Les institutions appellent les journalistes à s'excuser publiquement et à corriger leurs erreurs.

La police a annoncé le 19 juillet avoir arrêté Zi Beijia, pigiste pour la chaîne officielle Pékin TV, pour avoir falsifié un reportage qui a fait beaucoup de bruit en Chine et à l'étranger. Il aurait avoué avoir recruté des personnes pour les filmer en train de fabriquer et vendre des gâteaux fourrés avec du carton. On est depuis sans nouvelles du journaliste et de cinq autres personnes arrêtées. De son côté, Pékin TV s'est excusée le 18 juillet pour cette erreur. Sept autres journalistes et responsables de la chaîne ont été sanctionnés ou réprimandés.

Aujourd'hui, la police affirme que cette histoire de "gâteaux en carton" était montée de toutes pièces. Pourtant, peu après la diffusion du reportage le 8 juillet, le gouvernement avait annoncé qu'il était au courant de la situation. L'agence Xinhua a elle-même reconnu que de nombreux Pékinois étaient sceptiques. Le quartier où se déroulait le reportage est connu pour abriter des fabriques de contrefaçon d'alcool et de nourriture. Un journaliste du quotidien "Ming Pao", de Hong Kong, y a été menacé de mort après avoir tenté d'enquêter sur la contrebande.

Cette campagne vient s'ajouter aux accusations lancées par des officiels et des médias d'Etat contre la presse étrangère, qui a récemment révélé des affaires de produits chinois dangereux pour la santé. Ainsi, près de 100 personnes sont mortes au Panama après avoir utilisé des médicaments chinois contenant du poison.

Dernier Tweet :

Verbal and physical tussle between journalist and Minister highlights Zimbabwe's culture of impunity, the abuse of… https://t.co/gS0RfpWS1Z