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LES AUTORITÉS IMPOSENT DES RESTRICTIONS À LA COUVERTURE DU TREMBLEMENT DE TERRE

Les dernières arrestations de journalistes et de blogueurs en Chine donnent à penser que les autorités punissent ceux qui critiquent la gestion du tremblement de terre par le gouvernement, indiquent des membres de l'IFEX.

La police chinoise a arrêté le 9 juin la professeure à la retraite Zeng Hongling à Chengdu, capitale de la province du Sichuan, frappée par le tremblement de terre, parce qu'elle a publié des récits personnels du séisme sur des sites web en langue chinoise situés outre-mer, selon ce que rapportent le Centre américain du PEN International et le PEN Canada, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Puis, trois jours plus tard, un éditeur sur Internet et défenseur bien connu des droits de la personne, Huang Qi, est porté disparu à Chengdu après que son site web eut rendu public l'arrestation de Zeng, rapportent les membres de l'IFEX. Selon la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Huang Qi a été inculpé d'avoir obtenu illégalement des secrets d'État.

Le 10 juin, trois inconnus ont contraint Huang et deux de ses amis à monter dans une voiture. Selon RSF, la police de Chengdu prétend ne rien savoir de leurs allées et venues.

« L'arrestation et la disparition de ces reporters laissent entendre que les autorités dans la zone du tremblement de terre ont commencé à punir les personnes qui tentent de rendre publics des renseignements sur le terrible désastre survenu en mai », dit le CPJ. « Le gouvernement de Pékin doit protéger les journalistes qui sont attaqués au Sichuan à cause de leurs reportages plutôt que de mettre les responsables locaux du Parti communiste à l'abri de toute honte. »

Zeng est actuellement détenue au secret dans un centre de détention à Mianyang, où elle habite, une ville durement frappée par le séisme, pour avoir « fourni illégalement des renseignements outre-mer », dit le Centre du PEN chinois indépendant. Ses articles critiquaient l'insensibilité des autorités locales et leur réticence à laisser les organisations d'aide faire leur travail.

Huang, qui est directeur et co-fondateur du Centre Tianwang des droits de la personne à Chengdu, a affiché sur son site web http://www.64tianwang.com des histoires qui critiquaient la façon dont les secours ont été distribués - entièrement par les canaux gouvernementaux - et rapporté des histoires de parents qui protestaient contre les méthodes de construction douteuses d'une école qui s'est écroulée lors du séisme. D'après RSF, la presse chinoise s'est vu interdire de couvrir librement l'affaire des écoles qui se sont écroulées.

Deux collègues qui travaillaient avec Huang à Tianwang, l'écrivain sur Internet Huang Xiaomin et le webmestre Zhang Qi, ont été arrêtés le 16 mai après avoir dit qu'ils s'apprêtaient à se joindre aux activités de secours au Sichuan, dit le PEN. Huang Xiaomin a été libéré le 31 mai, après un interrogatoire intense sur ses rapports avec Huang Qi et sur leurs activités à Tianwang. Zhang est détenu au secret.

Huang Qi a passé cinq ans en prison après avoir été arrêté le 3 juin 2000, veille de l'anniversaire du massacre de la place Tian'anmen. Il a été inculpé de subversion pour avoir affiché sur son site web des articles sur le massacre rédigés par des dissidents en exil. Il avait créé son site web d'abord comme un babillard destiné à des messages concernant des personnes portées disparues, indique RSF.

Huang a été le premier éditeur de site web à être inculpé d'incitation à la subversion en Chine. D'après le CPJ, les autorités chinoises ont retardé son procès à plusieurs reprises en 2001, tandis que le Comité International Olympique étudiait la candidature de Pékin pour l'organisation des Jeux de 2008.

Par ailleurs, la police a expulsé le 12 juin une dizaine de journalistes étrangers d'un quartier de Dujiangyan, l'une des villes durement touchées par le tremblement de terre, rapporte RSF. Les journalistes tentaient de faire un reportage sur une école qui s'est écroulée lors du séisme. La police a malmené quelques-uns des journalistes et endommagé leur équipement.

« Nous assistons à une chasse généralisée des représentants de la presse, la police et les soldats bloquent les routes d'accès et fouillent tous les véhicules », a déclaré Tom Van de Weghe, correspondant en Chine du radiodiffuseur belge de radio et de télévision VRT, qui a été arrêté à Dujiangyan et à Juyan.

La Chine avait promis d'assouplir les restrictions imposées aux reporters étrangers en janvier 2007, à temps pour les Jeux Olympiques du mois d'août. Mais, jusqu'à maintenant, elle n'a pas fait grand'chose pour honorer ses engagements.

Consulter les sites suivants :
- CPJ : http://tinyurl.com/4u4gtp
- FIJ : http://tinyurl.com/5hw5qn
- PEN American Center/PEN Canada : http://tinyurl.com/59z2bv
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=27535
- Rapport du CPJ , « Falling Short », sur l'échec de la Chine, qui n'a pas su respecter les engagements qu'elle avait pris en ce qui concerne la liberté de la presse lorsque les Jeux Olympiques lui ont été attribués : http://tinyurl.com/3otehl
- PEN American Center, PEN Canada et Centre du PEN chinois indépendant,
« We are Ready for Freedom of Expression », campagne du compte à rebours avant l'ouverture des Jeux : http://www.pen.org/china2008
- Page de l'IFEX sur la Chine : http://www.ifex.org/en/content/view/full/577/
(17 juin 2008)

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