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Pékin dit aux fabricants d'ordinateurs d'installer un logiciel pour bloquer l'Internet

La Chine s'apprête à forcer les fabricants d'ordinateurs à installer sur tous les nouveaux ordinateurs personnels un logiciel qui servirait à filtrer les renseignements « malsains » , selon ce que rapportent la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Officiellement destiné à protéger les jeunes contre un « contenu nuisible », surtout la pornographie, le logiciel « Green Dam » (Barrage vert) a été créé par la société Jinhui, qui jouit du soutien de l'armée. Le logiciel doit être installé au préalable - ou être inclus sur un CD - sur tous les ordinateurs personnels vendus en Chine à partir du 1er juillet.

« L'idée que Pékin ait besoin aujourd'hui d'installer un autre filtre dans chacun des 40 millions d'ordinateurs personnels vendus annuellement dans le pays pour protéger le public soulève le doute que les autorités nourrissent des intentions cachées et encore plus sinistres », dit le CPJ.

RSF presse les sociétés qui vendent des ordinateurs sur le marché chinois de ne pas se conformer à cette instruction, « qui les rendra complices de la censure ».

En mai, le Ministère de l'Industrie et de la Technologie de l'information a indiqué aux entreprises de fabrication d'ordinateurs qu'elles avaient six semaines pour installer le logiciel, dont le coût serait assumé pendant la première année par les fonds publics. D'après le « Wall Street Journal », le logiciel relierait les ordinateurs personnels à une base de données régulièrement remise à jour contenant les sites interdits, et bloquerait l'accès à ces sites.

Selon le « Guardian », face à l'opposition du public, la Chine affirme maintenant que le logiciel ne sera pas obligatoire. « Les fabricants d'ordinateurs personnels ne sont tenus qu'à conserver sur les disques durs des ordinateurs les fichiers d'installation du programme, ou à fournir avec l'ensemble de l'équipement des ordinateurs des CD-ROM contenant le programme », indique le 15 juin le journal en langue anglaise « China Daily », citant une déclaration officielle.

« Les utilisateurs ont le dernier mot sur l'installation du logiciel 'Green Dam Youth Escort'; il est donc trompeur de dire que le gouvernement contraint les utilisateurs d'ordinateurs personnels à utiliser le logiciel... Le rôle du gouvernement se limite à faire élaborer le logiciel et à le fournir gratuitement », dit le journal.

RSF rapporte que, depuis mars, le logiciel a été téléchargé trois millions de fois; il serait utilisé dans 2 279 écoles et il a été installé dans quelque 518 000 ordinateurs. Les sociétés Lenovo, Inspur et Hedy auraient déjà installé le logiciel dans 52 millions d'ordinateurs.

« L'apparition d'une directive stricte de ce genre montre la nécessité de protéger les sociétés étrangères présentes en Chine, qui sont contraintes de se conformer aux lois locales. C'est pourquoi nous appuyons la nécessité d'une loi comme la Loi sur la liberté mondiale en ligne , qui rend possible de tenir tête au gouvernement chinois dans ce genre de situation », dit RSF.

La Chine a déjà mis en oeuvre un système étendu de filtrage de l'Internet, communément appelé « grand mur coupe-feu », qui bloque l'accès à une variété de contenu, de la pornographie aux sites politiquement délicats. Ce genre de sites comprend ceux qui font la promotion de l'indépendance du Tibet ou qui font référence au massacre de la place Tian' anmen et au groupe pro-démocratique de la Charte 08.

Mais ce système bloque le contenu au niveau du réseau, et de nombreux usagers le contournent. La nouvelle méthode pourrait donner au gouvernement un moyen d'alléger son contrôle.

Les entreprises américaines d'Internet sont aux prises, depuis des années, avec les exigences du gouvernement chinois de censurer le contenu ou de partager avec la police des données qui pourraient être de nature privée. L'an dernier, les sociétés oogle, Yahoo! et Microsoft se sont jointes aux groupes de défense des droits de la personne et de la liberté de la presse pour annoncer un ensemble de lignes directrices sur la façon dont elles allaient se conformer aux exigences de censure formulées par des pays comme la Chine. Connu sous le nom de « Global Network Initiative » (Initiative Réseau mondial), ce groupe ne compte dans ses rangs aucune société de fabrication de matériel informatique.

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