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Beijing fait marche arrière sur la question de l'outil de filtrage de l'Internet; les protestations des Ouïghours sont imputées à l'Internet

La Chine a reporté indéfiniment le déploiement de son outil de filtrage de l'Internet, qui fait l'objet de vives critiques, disent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et les dépêches.

Le gouvernement chinois a fait marche arrière par rapport à une « directive conçue dans la précipitation », qui rendait obligatoire l'installation dans tous les nouveaux ordinateurs, à partir du 1er juillet, d'un logiciel de filtrage, prétendument afin de donner aux vendeurs d'ordinateurs d'outre-mer plus de temps pour s'adapter à la nouvelle loi, dit le CPJ. Aucune nouvelle date limite n'a été fixée.

Mais les défenseurs de l'Internet et les blogueurs qui s'étaient opposés au logiciel, qu'ils dénoncent comme envahissant et peu sûr, doivent être crédités de ce recul.

En mai, le Ministère de l'Industrie et de la Technologie de l'Information a informé les vendeurs d'ordinateurs qu'ils avaient six semaines pour inclure le logiciel de filtrage Green Dam (Barrage vert) sur tous les nouveaux systèmes vendus en Chine. Le coût de l'opération devrait être assumé par les fonds publics pendant la première année.

Officiellement, Green Dam, qui a déjà été installé dans les ordinateurs de nombreuses écoles en Chine, a été conçu pour protéger les enfants contre le contenu nuisible, comme la pornographie. Mais ceux qui s'opposent à la mesure font valoir que le logiciel pourrait servir à filtrer d'autres types de contenu et contribuer à resserrer l'emprise de la Chine sur l'Internet.

La décision de la Chine avait suscité les critiques de beaucoup de membres de l'IFEX et d'autres groupes de défense des droits. Un groupe de citoyens chinois opposés à la loi envisageait d'organiser un boycott d'un jour de l'Internet en signe de protestation.

Le CPJ souligne une voie qui a un potentiel d'avenir en fait de campagnes : le Département du Commerce des États-Unis a dit craindre que la directive ne viole les règles du commerce international.

Par ailleurs, les autorités chinoises accusent les militants étrangers de s'être servis de l'Internet pour inciter aux violentes manifestations de cette semaine au Xinjiang, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et la Voix de l'Amérique (VOA).

Les Ouïghours, ethnie principalement de religion musulmane ayant des liens culturels et linguistiques avec l'Asie centrale, qui ont aspiré pendant longtemps à l'autonomie face à Beijing, se servent de l'Internet pour répandre rapidement des images de ce qu'ils disent avoir été une répression provocatrice du gouvernement contre une manifestation non violente. Les autorités chinoises affirment que 156 personnes ont perdu la vie le 5 juillet lorsque les Ouïghours sont descendus dans les rues pour protester contre une bagarre survenue le mois dernier entre Han et Ouïghours à Guangdong.

Lors d'une conférence de presse le 6 juillet, le chef de la police du Xinjiang, Liu Yaohua, a dénoncé l'Internet, qu'il a décrit comme le médium de prédilection des étrangers pour communiquer avec les Ouïghours en Chine, rapporte VOA.

Le gouvernement a retiré toutes les références aux protestations sur Internet, bloqué les sites de réseautage social et mis hors service le système de message Twitter, rapporte RSF. Les autorités prétendent que l'interruption s'est opérée légalement, et qu'il est nécessaire de maintenir la stabilité sociale.

Ce qui est très intéressant, c'est que les médias grand public de Chine se sont « emparés des images » des affrontements, qui contribuent à attiser la colère de la majorité han contre les protestataires ouïghours, dit le CPJ.

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