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Libéré, un blogueur ouïghour demeure étroitement surveillé

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est relativement soulagée d'apprendre qu'llham Tohti, professeur d'économie à l'Université Centrale des Minorités de Pékin et directeur du site uighurbiz.net, est de retour chez lui depuis le 22 août 2009. Arrêté par les autorités locales, l'universitaire ouïghour avait disparu le 8 juillet, trois jours après le début des émeutes du Xinjiang. Une pétition signée par près de 400 personnes avait exigé sa libération.

"Même si on peut saluer le retour d'Ilham Tohti à son domicile, l'absence d'explication de la part des autorités sur sa détention et l'incertitude sur d'éventuelles charges qui pèseraient encore sur lui demeurent préoccupantes", s'est inquiétée Reporters sans frontières.

"La liberté d'Ilham Tohti reste encore très relative. En effet, dans une interview, ce dernier a évoqué la présence d'un garde chez lui, chargé de le surveiller", a déploré l'organisation.

Ilham Tohi, professeur d'économie, est également directeur du site uighurbiz.net, qui appelle au dialogue entre les Hans et les Ouïghours. Lors d'une interview le 24 août pour Radio Free Asia, il a déclaré que "depuis mai 2008, 90% du temps des agents de la Police Secrète me suivaient."

L'interview nous apprend également qu'à la suite des émeutes du Xinjiang survenues le 5 juillet, il avait été placé en résidence surveillée, avant d'être transféré dans un hôtel de la capitale, toujours coupé du monde extérieur. À propos de ses conditions de détention, Tohti a noté qu'il n'a pas été "brutalisé", mais a déploré "l'illégalité totale de la procédure de détention", la police n'ayant pas produit le moindre mandat d'arrêt.

Le 12 juillet, le site Invisible Tibet de la blogueuse tibétaine "Woeser" et de Wang Lixiong avait demandé sa libération dans une pétition, relayée par Reporters sans frontières (voir la pétition en français : http://www.rsf.org/spip.php?page=article&id_article=33845 ), signée par 397 personnes en provenance de 30 pays.

Interrogées sur ce qu'était advenu d'Ilham Tohti, les autorités avaient évoqué "son possible départ en vacances". Depuis son retour, le gouvernement n'a pas fourni de justification ni sur les raisons de sa détention ni sur celles de sa libération.

L'avenir d'Ilham Tohti reste donc incertain. Il ignore non seulement s'il pourra réintégrer son poste de Professeur d'économie à l'Université Centrale des Minorités de Pékin, mais également si des charges pèsent encore sur lui.

Au journaliste de Radio Free Asia, il a confié: "Après mon retour à mon domicile, la police m'a menacé, me disant que je pourrais encourir jusqu'à la peine capitale".

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