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Refus de visas et répression à l'encontre des journalistes proches des victimes du Sichuan

(RSF/IFEX) - "Les enfants étaient sous les débris après l'effondrement d'une école (suite au tremblement de terre du 12 mai 2008 dans le Sichuan), contrairement à la plupart des autres buildings de la ville. Les parents ont commencé à demander pourquoi seules les écoles s'étaient effondrées. Les médias nationaux ne pouvant pas relayer leurs plaintes, c'est à nous que les parents ont demandé de raconter leurs histoires au monde entier", ont expliqué les réalisateurs américains Jon Alpert et Matthew O'Neill ( http://www.youtube.com/watch?v=GkhMNaYD4A8 ) dont les demandes de visa ont été rejetées par les autorités chinoises. Les deux hommes devaient se rendre à Pékin pour présenter leur documentaire "China's Unnatural Disaster: The Tears of Sichuan Province" ( http://www.hbo.com/docs/programs/chinasdisaster/index.html ), une enquête sur l'effondrement des écoles du Sichuan, cette "catastrophe non naturelle", et les difficultés pour les familles des victimes d'adresser leurs plaintes au gouvernement.

"On peut se réjouir de la projection de ce documentaire dans un festival à Pékin, mais le refus de délivrer des visas aux deux réalisateurs américains est absurde. Cet incident est à relier aux difficultés croissantes pour la presse étrangère et les militants des droits de l'homme chinois d'enquêter dans les régions affectées par le tremblement de terre de mai 2008. L'ouverture affichée à l'époque du séisme est malheureusement bien finie", a déploré Reporters sans frontières.

Fin août 2009, Jon Alpert et Matthew O'Neill ont vu leurs demandes de visas rejetées par le consulat de Chine à New York, sans aucune explication. Ce refus semble être lié au travail des deux journalistes sur les victimes du tremblement de terre.

Le 22 mai 2008, dix jours après le séisme, Jon Alpert et Matthew O'Neill sont arrivés à Fuxin, près de Chengdu, la capitale de la province dévastée du Sichuan (sud-ouest de la Chine). Interrogé par Reporters sans frontières, Matthew O'Neill a évoqué le désarroi de nombreux parents dont les enfants sont morts à la suite de l'effondrement de l'école Fuxin n°2. "A la fin de la semaine, nous sentions que les policiers voulaient interférer dans nos activités ainsi que celles des parents", se rappelle le journaliste américain qui avait envoyé ses images à la chaîne HBO.

Cet envoi s'est révélé opportun puisqu'au retour à Chengdu, "30 policiers en civil nous attendaient (. . .) nous avons été interrogés pendant huit heures dans le quartier général de la police de Chengdu (. . .). Mais c'est pour les Chinois qui travaillaient pour nous que nous avions le plus peur".

Le journaliste américain a salué le courage et la conviction des organisateurs du Festival du Film Indépendant de Pékin qui ont finalement projeté leur film le 3 septembre. "Les parents espéraient que notre présence pourrait obliger les autorités à se prononcer sur les causes des décès", a expliqué le journaliste.

Dix-huit mois après le tremblement de terre, se faire porte-parole des familles des victimes est devenu très risqué. Depuis juin 2008, le cyberdissident chinois Huang Qi, qui avait critiqué sur son site Internet l'organisation de l'aide humanitaire, est détenu pour "détention illégale de secrets d'Etat".

Tan Zuoren a été accusé, lui, "d'incitation de subversion à l'Etat" pour avoir tenté d'établir le nombre d'enfants tués lors du séisme, alors que le gouvernement n'annonçait aucun chiffre officiel. Lors du premier jour de l'audience du procès de Tan Zuoren, le 12 août 2009, à Chengdu, la police locale avait retenu à leur hôtel l'artiste chinois Ai Weiwei, l'empêchant de témoigner, ainsi que deux journalistes hongkongais, Wong Ka-yu et Wu Siu-wing, venus couvrir le procès.

Lors du premier anniversaire du séisme, plusieurs journalistes étrangers ont été malmenés ou expulsés des zones les plus affectées par la police.

Par ailleurs, à moins d'un mois des célébrations du soixantième anniversaire de la République populaire de Chine, le 1er octobre, la censure se durcit.

Le Département de la propagande a ordonné aux médias chinois de ne diffuser que la version de l'agence officielle Xinhua sur la situation à la frontière avec la Birmanie. Près de 30 000 civils birmans auraient déjà fui leur pays à la suite de combats entre l'armée birmane et des groupes rebelles. Des journalistes étrangers ont été empêchés d'entrer dans des camps de réfugiés en Chine.

Par ailleurs, la censure du Parti communiste a également indiqué aux grands médias de ne pas couvrir les manifestations et émeutes qui ont eu lieu récemment dans les provinces du Fujian et du Yunnan (Sud) après des cas de pollutions graves.

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