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Google fait de la libre expression le pivot des affaires

Les membres de l'IFEX ont applaudi la décision de Google de cesser de censurer la version chinoise de son moteur de recherche et sa nouvelle exigence d'un accès sans entraves à l'Internet. La position de la compagnie en faveur d'une plus grande liberté d'expression survient après qu'elle eut découvert que des pirates informatiques basés en Chine s'en étaient pris aux comptes de courriel chez Google de militants chinois des droits de la personne, par des agressions hautement sophistiquées et bien ciblées.

Google rapporte que les pirates n'ont eu accès qu'à deux comptes de courriel de Google, et qu'ils n'ont pu accéder au contenu des courriels. L'enquête de la compagnie a constaté qu'au moins 20 autres compagnies ont été visées de la même manière. Ses recherches ont montré également que les pirates basés en Chine accèdent régulièrement sur Google à des comptes de courriel de défenseurs des droits de la personne en Chine, en Europe et aux États-Unis.

Dans une déclaration rendue publique le 12 janvier, Google indique : « Nous allons discuter avec le gouvernement chinois de la base sur laquelle nous pourrions faire fonctionner un moteur de recherche non filtrant qui respecterait la loi, si la chose est possible. Nous reconnaissons que cela peut vouloir dire de devoir fermer Google.cn, et peut-être nos bureaux en Chine. »

Google invite le gouvernement chinois à respecter les droits de la personne des usagers chinois, dit Index on Censorship. « C'est précisément ce genre d'engagement à l'égard des questions liées aux droits de la personne que toutes les entreprises doivent inclure dans leurs pratiques commerciales. » L'entente antérieure sur la censure bloquait la critique du gouvernement et des sujets comme la démocratie, les droits de la personne, le Dalaï Lama, le mouvement spirituel Falun Gong et le massacre de la place Tian' anmen, rappelle Reporters sans frontières (RSF).

L'effort de Google pour renégocier sa relation d'affaires avec la Chine constitue un pas critique vers la protection des droits de la personne en ligne, dit Human Rights Watch. L'expérience de Google semble indiquer un accroissement des risques que courent les entreprises étrangères de la technologie de l'information en Chine avec un gouvernement qui « consacre des ressources financières et humaines massives pour censurer l'Internet et traquer et punir les citoyens de l'Internet qui expriment des vues qui contredisent celles du Parti communiste chinois au pouvoir ».

D'après un décompte de RSF, on recense en tout 69 blogueurs et cyberdissidents détenus en Chine. RSF salue la transparence de Google qui partage avec un auditoire planétaire l'information au sujet des cyber-attaques, soulignant qu'« elle refuse de se faire la complice des autorités chinoises ».

Le journaliste Shi Tao a été incarcéré en 2005 « après que Yahoo eut fourni aux autorités chinoises des renseignements sur le compte personnel de courriel dont il s'est servi pour envoyer outre-mer une note interne du ministère de la Propagande », selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Grâce à ses outils de censure, rapporte Freedom House, le gouvernement chinois maintient une surveillance étroite des dissidents en ligne.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) rapporte que le gouvernement chinois a ordonné aux médias de Chine de n'utiliser que les informations provenant de l'agence d'État Xinhua et du « China Daily » lorsqu'ils ont couvert l'annonce de Google en janvier.

La FIJ, RSF et le CPJ soulignent que l'ingérence en ligne sape la sécurité des journalistes et le capacité à faire leur travail et à protéger leurs sources. Selon le CPJ et RSF, les pirates informatiques visent les journalistes étrangers et locaux qui travaillent en Chine.

Un journaliste étranger a déclaré à RSF que ses courriels étaient acheminés vers un autre compte. « Ainsi, ces fuites mettent en danger un grand nombre de personnes. »

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