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Les autorités censurent impitoyablement le journalisme indépendant

Les forces de sécurité chinoises lors d’une manifestation : un incident parmi plusieurs que des journalistes chinois sont régulièrement interdits de couvrir.
Les forces de sécurité chinoises lors d’une manifestation : un incident parmi plusieurs que des journalistes chinois sont régulièrement interdits de couvrir.

via Reuters

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) vient de publier un nouveau dossier qui met en lumière la façon arbitraire dont les autorités chinoises interdisent la couverture de nombreuses questions, manipulant le flux de l'information. Les médias chinois sont continuellement assommés de restrictions, ce qui laisse très peu de place pour la collecte indépendante des nouvelles.

Le rapport, « China Clings to Control: Press Freedom in 2009 » (La Chine s'accroche au contrôle : La liberté de la presse en 2009), présente un portrait détaillé des interdits frappant les médias qui ont été émis par les autorités centrales et provinciales, qui révèlent à quel point la censure est répandue et intense en Chine. Plusieurs organismes officiels supervisent les médias, dont le puissant Ministère central de la propagande.

La couverture de la corruption, les réformes politiques à Hong Kong et les informations concernant les émeutes au Xinjiang, où presque 200 personnes ont été tuées, sont interdites. De plus, les autorités n'ont pas permis de couvrir des histoires comme la fermeture d'un centre de recherche dirigé par des juristes défenseurs des droits de la personne, qui apportait de l'aide à des groupes minoritaires. En ce qui concerne la couverture du premier anniversaire du tremblement de terre de 2008 au Sichuan, les journalistes se sont fait dire qu'ils ne pouvaient utiliser que les données fournies par l'État, et qu'ils n'étaient pas autorisés à parler aux survivants de la tragédie.

Un journaliste local a déclaré à la FIJ : « Ce fut une année vraiment difficile pour la liberté de la presse en Chine. Les ministères de la Propagande ont jeté des interdits sur les médias, l'un après l'autre. On a rapporté, encore et encore, des incidents où des journalistes ont été tabassés. L'environnement dans lequel se pratique le journalisme est épouvantable - cela est particulièrement évident lorsqu'on regarde le genre d'information publiée sur Internet. »

Par ailleurs, les autorités chinoises surveillent étroitement les manifestations de masse auxquelles le réseautage social a donné naissance en Iran après les élections de juin 2009, indique le rapport. Les journalistes chinois ont reçu pour instruction de couvrir les manifestations en Iran « sobrement, sans commentaires », et de limiter le nombre d'articles sur le sujet. Devant la puissance grandissante de l'Internet comme outil de mobilisation de la dissidence, le gouvernement chinois a mis en place des contrôles plus serrés du contenu en ligne et accru la surveillance des journalistes. Certains sites web et des réseaux sociaux ont été fermés, et des journalistes et des blogueurs ont été arrêtés. L'État contrôle presque entièrement les nouvelles en ligne.

Les journalistes étrangers doivent eux aussi surmonter de nombreuses difficultés, notamment la destruction de leur équipement et l'interdiction d'accès à certains endroits publics. Le rapport souligne les cas de journalistes étrangers qui ont été détenus et où leurs assistants chinois ont été punis pour avoir travaillé avec des équipes de médias étrangers. « Les sources, les sujets potentiels d'entrevue et les assistants et chauffeurs chinois sont particulièrement visés par des mesures destinées à faire obstacle aux médias étrangers qui couvrent les événements en Chine », dit le rapport. Les journalistes de Hong Kong qui couvrent la situation en Chine continentale sont aussi la cible d'agressions et d'arrestations.

Mais le rapport indique aussi que les journalistes persévèrent dans leurs reportages et ne tiennent pas compte des ordres de ne pas parler à un groupe particulier de personnes ou de ne pas se rendre dans tel ou tel village en particulier. Et des citoyens résilients de la grande toile trouvent des moyens de contourner les cloisons pare-feu.

La FIJ formule plusieurs recommandations, notamment : un appel à la libération immédiate des journalistes incarcérés et la fin des détentions arbitraires, du harcèlement et de l'intimidation des journalistes locaux, de leurs assistants et de leurs sources, ainsi que la liberté de mouvement pour les journalistes, pour qu'ils puissent couvrir la nouvelle dans toutes les régions de la Chine.

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