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Pendant que le gouvernement justifie sa censure du Net, l'état de santé des net-citoyens emprisonnés s'aggrave

(RSF/IFEX) - Le 10 juin 2010 - Le Bureau de l'Information du Conseil d'État chinois a publié, le 8 juin 2010, un "Livre blanc" sur Internet, qui réitère la nécessité de la censure d'Internet en Chine, au nom du "respect des lois locales" et du "maintien de la stabilité". Au même moment, plusieurs net-citoyens emprisonnés ou très récemment libérés, se trouvent dans un état de santé critique, tandis que le blogueur Tan Zuoren vient de voir sa peine de prison confirmée en appel.

"Ce Livre blanc aurait pu être l'occasion pour les autorités chinoises de remettre en question leur politique actuelle vis-à-vis du Web. Au lieu de cela, il vient compléter la rhétorique habituelle des dirigeants de Pékin. Ce n'est pas une surprise, au regard de la répression croissante constatée ces derniers mois envers la circulation de l'information en ligne. Si la volonté affichée de développer encore l'accès de la population chinoise à Internet est louable, on ne peut que regretter que cela signifie non pas l'accès au World Wide Web, mais au Web chinois, sous le coup d'un système de filtrage sophistiqué destiné à bloquer les informations politiques, sociales ou autres, jugées indésirables par les autorités", a déclaré Reporters sans frontières. "Nous demandons à la communauté internationale de porter devant l'Organisation mondiale du Commerce cette problématique de la censure du Net, qui constitue un obstacle aux échanges économiques."

La censure du Net a des conséquences humaines immédiates. La Chine demeure la plus grande prison du monde pour les journalistes, blogueurs et internautes. Plus d'une centaine sont toujours détenus, certains souffrant de graves problèmes de santé. Reporters sans frontières demande notamment la libération immédiate, pour raisons humanitaires, du militant des droits de l'homme Hu Jia et du journaliste en ligne Yang Tianshui. Le premier est gravement malade. Il a récemment été hospitalisé et sa famille craint qu'il ne soit atteint d'un cancer du foie. Le second a contracté la tuberculose et souffre d'une arthrite sévère, d'insuffisance rénale chronique et d'hypertension. Leurs vies sont en danger.

L'organisation est indignée par le sort du cyberdissident Zhang Jianhong, plus connu sous le pseudonyme Li Hong, qui vient d'être libéré, mais dans un état de santé dramatique. Souffrant d'une dystrophie musculaire très avancée, n'ayant pas eu accès pendant des mois aux soins nécessaires pour enrayer la progression de la maladie, il est désormais en soins intensifs, sous assistance respiratoire. Arrêté en 2006 pour un article intitulé "Olympicgate", il avait été condamné en 2007 à 6 ans de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir" et finalement libéré le 5 juin 2010. Selon son épouse, Dong Min, il est désormais soigné à l'hôpital numéro 2 de Ningbo, sa ville natale, mais ses soins médicaux sont exorbitants, à raison de 2,500-3,000 yuan par jour (366 à 440 $US). Reporters sans frontières juge les autorités chinoises directement responsables de la détérioration de l'état de santé de Zhang Jianhong et leur demande de prendre complètement en charge ses frais de santé.

Par ailleurs, le 9 juin 2010, un tribunal d'appel de la province du Sichuan a confirmé la condamnation en première instance du blogueur et défenseur de l'environnement Tan Zuoren à cinq ans de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat" et à trois ans de retrait de ses droits politiques. Il avait été arrêté en mars 2008 après avoir appelé les net-citoyens chinois à venir dans le Sichuan pour documenter la situation des familles des victimes du tremblement de terre. Son avocat a déclaré aujourd'hui à l'Agence France-Presse que "le procès n'a duré que 12 minutes" et qu'il a encore le droit de faire appel.

Reporters sans frontières dénonce cette parodie de justice et exige l'abandon des charges qui pèsent contre Tan Zuoren, ainsi que sa libération immédiate : "Au lieu de s'en prendre à ce militant qui cherchait seulement à ce que justice soit faite, les autorités devraient se concentrer sur les responsabilités des officiels locaux dans l'effondrement des écoles qui a coûté la vie à plus de 5000 enfants."

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