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Plusieurs journalistes condamné à la prison à vie un an après le procès de Liu Xiaobo

(RSF/IFEX) - Le 25 décembre 2009, une cour de Pékin condamnait Liu Xiaobo à onze ans de prison. Les autorités chinoises envoyaient un message très dur, le jour de Noël, en direction de la communauté internationale qui avait largement plaidé en sa faveur. À l'issue d'un procès bâclé auxquels sa femme, ses supporters, la presse étrangère et les diplomates n'avaient pas été autorisés à assister, le prisonnier d'opinion chinois le plus célèbre était reconnu coupable de "subversion du pouvoir de l'État". Depuis, et malgré l'attribution du prix Nobel de la paix au dissident, les autorités continuent de le considérer comme un "criminel".

Nous appelons les autorités de Pékin à rouvrir le dossier judiciaire de Liu Xiaobo pour permettre une révision du procès pour "subversion du pouvoir de l'État". Nous attendons du président Hu Jintao, avant sa visite en janvier aux États-Unis, qu'il mette tout en œuvre pour faire libérer Liu Xiaobo et ses supporters, notamment sa femme Liu Xia, assignée à résidence à Pékin.

Au Xinjiang et au Tibet, des juges continuent à prononcer de très lourdes peines de prison contre des journalistes pour leurs écrits.

Nous venons d'apprendre que Memetjan Abdulla, un journaliste rattaché au service en ouïghour de la Radio nationale de Chine et animateur du site Internet en ouïghour Salkin, a été condamné, en avril 2010, à la prison à vie pour avoir traduit et mis en ligne des articles sur la situation des Ouïghours dans le pays. Gulmire Imin, une jeune femme travaillant également pour le site, a été condamnée à la même peine pour avoir "révélé" des secrets d'État, "organisé une manifestation" et "séparatisme".

Selon Radio Free Asia, ce verdict très lourd prononcé à l'issue d'un procès tenu secret à Urumqi visait également à le punir pour avoir répondu aux questions de journalistes étrangers et d'avoir traduit ou publié une série d'articles diffusés sur Salkin. Il aurait traduit en ouïghour et mis en ligne sur le site Salkin, un appel du World Uyghur Congress (interdit) à manifester à l'étranger contre cet incident.

Selon les autorités, Memetjan Abdulla aurait aussi provoqué les troubles ethniques qui ont touché le Xinjiang en juillet 2009, après la mort de travailleurs ouighours dans une usine de Shaoguan.

Au mois de mai, Reporters sans frontières avait adressée une lettre ouverte à Zhang Chunxian, le nouveau secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) au Xinjiang, demandant aux autorités de défendre le recul de la censure du Web.

Au Tibet, Sungrab Gyatso, un moine du monastère de Mu-ra, a été reconnu coupable d'avoir fomenté des manifestations. Sungrab Gyatso, directeur du magazine en tibétain "Rewa-kang-lam" (L'espoir de mars), a été condamné à trois ans de prison après avoir a été jugé le 16 décembre, par une cour de Kanlho. Selon le Tibetan Center for Human Rights and Democracy (basé à Dharamsala), ce défenseur de la culture tibétaine est emprisonné depuis le mois de mars. Reporters sans frontières demande sa libération.

L'organisation est très préoccupée par le sort de Tashi Rabten, directeur de la revue tibétaine "Shar Dungri", qui est détenu au secret depuis le 6 avril. Il serait incarcéré dans des conditions difficiles dans une prison de Barkham, région de Ngaba (Sichuan). Son collègue Druklo a, quant à lui, été libéré en mai.

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