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La répression des dissidents s'est considérablement durcie ces dernières années

Un policier tente d’empêcher des médias de prendre des photos pendant qu’on procède à l’arrestation d’un homme lors d’une manifestation de la « Révolution du Jasmin » à Shanghaï le 27 février
Un policier tente d’empêcher des médias de prendre des photos pendant qu’on procède à l’arrestation d’un homme lors d’une manifestation de la « Révolution du Jasmin » à Shanghaï le 27 février

Carlos Barria/REUTERS

À la suite de la réponse aux appels à une « Révolution du Jasmin » en Chine, la police a entrepris une répression massive contre les activistes dans une campagne de sécurité que certains critiques qualifient de la plus grave de ces dernières années, selon ce que rapportent le Centre américain du PEN International, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Des appels anonymes à des manifestations inspirées du « Jasmin » dans les villes de Chine, fondées sur la représentation que les médias ont faite des soulèvements populaires survenus au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont commencé à circuler en ligne le 19 février sur des sites web dissidents fonctionnant à partir de l'étranger. Les auteurs des appels demandent une magistrature indépendante et la fin de la corruption gouvernementale.

Les journalistes qui ont tenté de couvrir la poignée de manifestants qui sont apparus ont été bloqués ou harcelés. D'après le Centre du PEN chinois indépendant (Independent Chinese PEN Center, ICPC), plus de 100 écrivains, avocats et activistes dissidents ont été harcelés, convoqués, enlevés ou placés en résidence surveillée.

Ce qui est encore plus troublant, c'est qu'au moins cinq personnes ont été détenues sur la foi d'accusations criminelles d'avoir mis en danger la sécurité de l'État, à savoir le soupçon d'« incitation à la subversion du pouvoir de l'État » ou de « subversion du pouvoir de l'État ». Ces dernières années, de telles accusations entraînaient des peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à une décennie, voire plus.

Parmi les personnes détenues pour atteinte à la sécurité de l'État se trouve Ran Yunfei, écrivain politique et blogueur basé au Sichuan. Ran a été arrêté par la police le 19 février et détenu formellement sur le soupçon de « subversion du pouvoir de l'État », selon ce que rapporte l'ICPC. Le blogue de Ran se trouve à : http://www.bullogger.com/blogs/ranyunfei/ et sa page sur Twitter, @ranyunfei, compte plus de 44 000 partisans.

Dans une autre affaire, Liang Haiyi a été détenu le 21 février pour avoir « affiché sur des sites web nationaux comme QQ, le populaire site chinois de réseautage social, des informations provenant de sites web étrangers au sujet d'actions concernant la “Révolution du Jasmin“ ».

Un gérant d'assurances qui avait transmis des précisions sur la « Révolution du Jasmin » au moyen de son compte Twitter, @wxhch64, Hua Chunhui, a aussi été détenu le 21 février parce qu'on le soupçonne d'avoir incité à la subversion du pouvoir de l'État, rapporte l'ICPC.

Bien des gens craignent que la détention criminelle soit le sort qui attend ceux qui sont actuellement en garde à vue. Parmi ceux qui courent le plus de risques, on compte l'éminent avocat Teng Biao, détenu au secret depuis le 19 février, soit depuis que la police a fait irruption chez lui, indique le Centre américain du PEN International.

Les journalistes étrangers ne sont pas à l'abri de la répression. La police a détenu brièvement plus d'une dizaine d'entre eux et en a agressé au moins deux sur les lieux d'une manifestation de protestation antigouvernementale qui avait été prévue le 27 février dans un district commercial de Beijing, selon ce que rapportent le CPJ, la FIJ et RSF. Ils ont tous été relâchés après quelques heures.

Selon le CPJ, l'attaque constitue « un retour aux restrictions auxquelles étaient soumis les reporters internationaux avant la libéralisation qui avait précédé les Jeux Olympiques de 2008 ». Les reporters ont apparemment été prévenus qu'ils devaient coopérer avec la police et obtenir en personne une permission spéciale du bureau de district au moins trois jours à l'avance avant d'interviewer des gens rue Wangfujing, dans le district commercial de Xidan et dans le secteur situé près de la place Tian'anmen.

Selon l'agence de nouvelles économiques Bloomberg, un de ses correspondants a reçu des coups de pied et des coups de poing de la part d'au moins cinq individus en civil - apparemment des personnes chargées de la sécurité - et ont dû recevoir des soins.

Regardez ici une vidéo de l'AP qui montre des policiers en train de réprimer des manifestations :


Par ailleurs, des services en ligne de message texte et des articles reliés aux protestations ont été retirés, selon ce que disent les membres. Le service en langue anglaise de l'agence de nouvelles Xinhua, que l'État contrôle, rapportait le 20 février que des manifestations se déroulaient, mais les reportages ont par la suite disparu du site web. Le service en langue chinoise de Xinhua n'a rien dit du tout sur cette histoire, et les censeurs bloquent les mots « jasmin » et « Wangfujing » de l'Internet, indique la FIJ. Le webmestre de l'ICPC a été détenu puis contraint de « voyager »; le site web de l'ICPC est fermé, apparemment à la suite d'une cyber-attaque, rapporte le Centre américain du PEN International.

« Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas reçu d'ordres du ministère central de la Propagande à propos de la “Révolution du Jasmin”, mais aucun reportage pertinent n'a paru dans les médias chinois. Tout cela parce que quiconque publie quelque chose est congédié sur-le-champ », a déclaré un journaliste à la FIJ.

D'après le CPJ, traditionnellement la censure de l'Internet se resserre avant les sessions annuelles de Congrès national du peuple et de la Conférence politique consultative du peuple chinois, à Beijing. Ces deux événements se dérouleront en mars.

« Tandis que l'attention du monde se fixe sur les soulèvements en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, le gouvernement chinois peut croire qu'il a une occasion en or de frapper fort sur les défenseurs de la démocratie en Chine et sur les activistes des droits de la personne. La communauté internationale ne doit pas laisser passer cela », fait valoir le groupe des Défenseurs chinois des droits de la personne (China Human Rights Defenders), basé à Hong Kong.

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