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Les dissidents qui ont affiché en ligne des articles « subversifs » sont condamnés à des peines allant jusqu'à dix ans de prison

Les autorités chinoises ont infligé une peine de dix ans de prison à Chen Xi, deuxième dissident en trois jours à être reconnu coupable d'incitation à la subversion à cause d'articles qu'il a affichés en ligne, indique Reporters sans frontières (RSF). Un autre militant de la démocratie, Chen Wei, a été condamné à neuf ans de prison pour des charges de même nature, rapportent RSF et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l'Institut international de la presse (IIP) et le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC). Ces sentences comptent parmi les plus lourdes imposées pour incitation à la subversion depuis l'incarcération du lauréat du prix Nobel Liu Xiaobo, condamné à 11 ans le jour de Noël 2009, font remarquer les groupes.

À Guiyang, capitale de la province de Guizhou, dans le sud-ouest de la Chine, Chen Xi a été reconnu coupable d'incitation à la subversion à cause de 36 essais politiques qu'il a affichés sur divers sites web. Il a aussi été condamné à trois ans de privation de droits civils après sa remise en liberté, selon ce que rapporte RSF.

D'après les dépêches, il a été détenu le 29 novembre après avoir fait campagne en faveur de candidats indépendants aux prochaines élections au Congrès du Peuple local.

« Le juge a déclaré qu'il s'agissait d'un crime majeur qui avait des répercussions pernicieuses », a déclaré à Reuters sa femme, Zhang Qunxuan, après le procès. Le juge a dit que Chen était un récidiviste qui méritait une lourde peine, a-t-elle ajouté.

Chen, qui a toujours clamé son innocence, ne fera pas appel parce que cela semble « futile », rapporte RSF.

D'après le « Guardian », Chen est un membre dirigeant du Forum de Guizhou sur les Droits de la personne, qui aurait été déclaré organisation illégale. Selon le « Guardian », l'ancien ouvrier d'usine a été incarcéré une première fois en 1989 pour avoir soutenu les manifestations étudiantes de la place Tian' anmen, et il a déjà purgé en tout 13 ans de prison pour son militantisme.

« Les autorités chinoises ont encore une fois profité de la période des fêtes pour imposer une série de sentences particulièrement sévères aux militants de la démocratie », dit RSF. « L'accusation de “subversion” n'est qu'un prétexte pour faire taire les dissidents comme Chen Xi et Chen Wei et encourager l'autocensure. »

Chen Xi et Chen Wei ont tous deux signé la Charte 08, qui appelle à des réformes politiques, et ont appuyé le mouvement étudiant de 1989, dit le « Guardian ». Chen Wei a été condamné à Suining, province du Sichuan, le 23 décembre, pour incitation à la subversion en raison de la publication en ligne de quatre textes.

Chen Wei a disparu après avoir répondu à une invitation à « prendre le thé » avec la police locale le 20 février, lors d'une opération de répression des dissidents suscitée par des appels en ligne à une « Révolution de Jasmin » en Chine, rapporte RSF. Un grand nombre de personnes ont été arrêtées et détenues au cours de la dernière année. Contrairement aux soulèvements populaires survenus au Moyen-Orient et en Afrique de l'Est et du Nord, cependant, ces appels ont reçu peu d'écho, et aucune manifestation d'envergure n'a eu lieu en Chine.

Deux autres écrivains basés au Sichuan, Ran Yunfei et Ding Mao, ont été arrêtés à peu près au même moment que Chen Wei pour le même délit, indique RSF, mais ont été relâchés et placés en résidence surveillée pendant six mois, dit RSF. Selon RSF, avec 27 personnes en prison au 1er décembre, la Chine se classe au troisième rang des pires pays du monde pour ce qui est du nombre des journalistes incarcérés.

« Pendant que l'attention mondiale est fixée sur les soulèvements en Afrique Nord et au Moyen-Orient, le gouvernement chinois peut croire qu'il se trouve devant une occasion unique de frapper fort sur les militants chinois de la démocratie et des droits de la personne. La communauté internationale ne doit pas laisser se poursuivre cette situation », a déclaré le groupe China Human Rights Defenders, basé à Hong Kong, au moment des premières arrestations.

La nervosité de la Chine à l'égard de la critique a mené récemment à des contrôles plus serrés sur Internet, disent les dépêches. Le 1er janvier, Shanghai est devenue la dernière en date des grandes villes du pays à ordonner aux gazouilleurs chinois de s'enregistrer sous leur nom véritable lorsqu'ils ouvrent un compte Twitter, a rapporté l'agence de nouvelles Xinhua, que contrôle l'État. Twitter est interdit en Chine, mais il existe des services locaux de même nature que Twitter, comme Weibo et Sina Corp. Les nouvelles règles en matière d'enregistrement se sont d'abord appliquées à Beijing le 16 décembre.

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