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Une nouvelle loi permet la détention secrète; agissez en faveur d'un cinéaste tibétain incarcéré

La Chine vient d'approuver des modifications à son code criminel qui habilitent la police à retenir en des lieux secrets et pendant une période qui peut aller jusqu'à six mois, sans jugement, les journalistes et autres individus qui discutent de questions délicates pour la société chinoise, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Freedom House, Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF).

Le Congrès national du peuple a adopté le 14 mars un amendement à la Loi de procédure criminelle qui prévoit la détention en des lieux tenus secrets des suspects dont on estime qu'ils constituent une menace pour la sécurité nationale.

« On rend formelle la détention des gens où cela leur plaît », a déclaré aux reporters Nicholas Bequelin, recherchiste principal à Human Rights Watch. Il a constaté que « la mise en danger de la sécurité nationale » est interprétée d'une manière très étendue, de façon à inclure des gestes comme le fait de critiquer le gouvernement.

Aux termes de la nouvelle loi, la police est tenue d'informer les familles des suspects qu'ils sont détenus, mais pas de dévoiler le lieu ni les motifs de leur détention.

La loi telle qu'elle est révisée, dont l'agence de nouvelles officielle Xinhua dit qu'elle « rehausse la protection des droits de la personne », accorde quelques droits nouveaux aux défendeurs, l'accès notamment à un avocat et l'élimination des preuves obtenues sous la torture.

Mais les défenseurs des droits indiquent que les modifications apportées auraient pour effet de légaliser la pratique de la détention secrète, surtout des personnes considérées comme une menace pour le Parti communiste au pouvoir. D'après le CPJ, les disparitions ont été particulièrement fréquentes en 2011, après des appels en ligne à une réforme politique.

La police chinoise est critiquée depuis longtemps par les défenseurs des droits parce qu'elle détient les gens au secret, illégalement, dans des lieux qu'on appelle des « prisons noires », souvent situées dans des hôtels de banlieue, des immeubles abandonnés ou autres lieux quelconques d'hébergement.

L'an dernier un grand nombre de personnes - dont l'artiste renommé Ai Weiwei - ont été détenues illégalement en des lieux éloignés des centres de détention formels, parfois pendant des mois.

« Cette législation va encore plus loin, elle légitime les détentions secrètes sans qu'il y ait de comptes à rendre », dit le coordonnateur du programme asiatique du CPJ, Bob Dietz.

Plusieurs messages affichés en ligne demandant le report du vote ont été bloqués par la censure après avoir obtenu plus de 18 000 réponses ou reprises d'affichage, indiquent RSF et Freedom House.

Selon le CPJ, la police et les procureurs bafouent fréquemment la procédure lorsque des journalistes sont arrêtés, en particulier dans les régions où sévissent des tensions ethniques. Au moins 27 journalistes se trouvaient dans des prisons en Chine lorsque le CPJ a procédé à son recensement annuel, le 1er décembre. Plus de la moitié d'entre eux étaient issus de groupes minoritaires, comme les Tibétains et les Ouïghours.

Quant au cinéaste tibétain Dhondup Wangchen, il a disparu alors qu'il se trouvait en garde à vue après son arrestation en mars 2008. Il a par la suite été inculpé en décembre 2009 d'« incitation au séparatisme » pour avoir documenté les opinions de Tibétains ordinaires à la veille de la tenue des Jeux Olympiques de 2008 à Beijing. Il a été torturé en détention, sa santé est précaire et on lui a refusé tout traitement médical. Joignez-vous à l'épouse du cinéaste, Lhamo Tso, pour exiger sa remise en liberté. Signez la pétition ici.

RSF s'inquiète également d'une nouvelle règle entrée en vigueur le 16 mars qui requiert des usagers des microblogues de Beijing qu'ils s'enregistrent à leur nom véritable pour pouvoir afficher des textes en ligne. On prévoit que d'autres grandes villes vont emboîter le pas bientôt. Des 250 millions de personnes qui utilisent Weibo, l'équivalent chinois de Twitter, considéré comme une source clé de nouvelles et de débats, seulement 19 millions s'étaient enregistrés vendredi après-midi, d'après ce que rapportent les dépêches.

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