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Un procès historique en Chine sous contrôle du gouvernement

(RSF/IFEX) - Le 19 août 2012 - Reporters sans frontières (RSF) dénonce le contrôle total exercé par Pékin sur la couverture du procès de l'épouse de Bo Xilai, haut dirigeant déchu du Parti communiste chinois (PCC), dont le verdict doit être rendu lundi 20 août 2012.

"La population chinoise est privée de toute information indépendante sur ce qui apparaît déjà comme l'un des scandales politiques les plus importants de la décennie. Conscientes de l'immense intérêt médiatique que suscite le procès de Gu Kailai, les autorités emploient un savant dosage entre censure pure et simple et manipulation de l'information, confirmant qu'elles sont passées maîtres en la matière. Tout est mis en oeuvre pour que seuls transpirent les éléments conformes à la version officielle, et pour que les critiques soient canalisées sans éclabousser l'ensemble du Parti à l'approche de son XVIIIe Congrès", a déclaré l'organisation.

Le procès de Gu Kailai et de ses complices présumés, ouvert le 9 août 2012, s'est tenu à huis clos : aucun média, ni local ni international, n'a été autorisé à assister à l'audience. A l'ouverture du procès, les principaux titres de presse chinois ont été contraints à un silence total. Ce n'est qu'au deuxième jour que l'agence officielle Chine nouvelle a commencé à publier des dépêches, que les médias étaient autorisés à reprendre à l'exclusion de toute autre source.

Afin de garder les correspondants étrangers sous contrôle, la police a obtenu que la plupart d'entre eux soient cantonnés au Swan Lake Hotel, voisin du palais de justice de Hefei (Est). Un journaliste de Hong Kong a été violemment frappé par un policier en civil devant le palais de justice alors qu'il tentait de filmer un manifestant. L'Association des journalistes de Hong Kong a officiellement dénoncé ce geste, mais aucune excuse n'a été présentée par les autorités chinoises.

La censure s'est également renforcée sur Internet, où les noms des principaux protagonistes de l'affaire, Gu Kailai, Bo Xilai et Neil Heywood, étaient filtrés. Quelques rares internautes ont cependant réussi à contourner la censure, notamment sur les sites de microblogs. L'Agence France Presse (AFP) a ainsi relevé les commentaires d'un dénommé A'bang-kunshou, dénonçant "un procès politique et un procès de privilégiés", ou ceux de Ran Ran Shou considérant que "le procès de Hefei n'est qu'une tricherie".

L'épouse de Bo Xilai, chef du PCC de la métropole de Chongqing (Sichuan) et membre du Bureau politique du PCC au niveau central, était accusée d'avoir empoisonné le britannique Neil Heywood à l'arsenic, en novembre 2011. Agée de 53 ans, Gu Kailai est une ancienne avocate internationale renommée. Le sort de son mari, maintenu au secret, reste inconnu. Sa disgrâce marque un tournant dans la lutte de pouvoir en cours au sein des instances dirigeantes du PCC qui seront renouvelées lors du XVIIIe Congrès du Parti en octobre 2012.

A la 174e place sur 179 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse 2011/2012 établi par Reporters sans frontières, la Chine compte parmi les Etats désignés comme "ennemis d'Internet" par l'organisation.

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