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Les reporters du site d'information 64Tianwang, victimes de la répression du Parti

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 26 juin 2015.

Le 24 juin 2015, la journaliste-citoyenne Yang Dongying a été arrêtée par les autorités chinoises du Zhejiang. Ce nouvel abus de pouvoir s'inscrit dans la répression systématique des autorités à l'encontre des journalistes-citoyens travaillant pour la plateforme d'information 64 Tianwang (64 Skynet) dirigée par le cyberdissident Huang Qi.

Reporters sans frontières (RSF) condamne les arrestations arbitraires de plusieurs journalistes collaborateurs du site 64Tianwang. Le 24 juin, la journaliste Yang Dongying a été arrêtée puis accusée de “chercher querelle et susciter des troubles” alors qu'elle dénonçait les moyens de pression mis en oeuvre par la police du Zhejiang pour extorquer des confessions à son fils de 13 ans, hospitalisé par la suite. Plus tôt en juin, la police l'avait interrogée sur ses liens avec d'autres collaborateurs de 64Tianwang (dont Wang Jing et Zhang Jixin, actuellement détenus) ainsi qu'avec le cyberdissident Huang Qi.

“Alors que les partenaires économiques américains accueillent en grande pompe le gouvernement chinois à Washington et que Li Keqiang s'apprête à rejoindre Bruxelles pour participer à la réunion des dirigeants Chine-UE, la répression des journalistes se poursuit en Chine, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du Bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. L'arrestation ciblée des reporters travaillant pour le site 64Tianwang témoigne de la sensibilité des informations traitées par la plateforme d'information. Nous exigeons la remise en liberté de ces contributeurs détenus arbitrairement et demandons aux autorités d'appliquer la Constitution, qui garantit aux citoyens chinois la liberté de l'information.”

Yang Dongying est la dernière d'une longue liste de journalistes et activistes des droits de l'homme travaillant pour le site 64Tianwang, détenus par les autorités. En janvier 2015, c'est la journaliste citoyenne Wang Jing qui était arrêtée, accusée par les autorités du Jilin de “troubles de l'ordre public”. Selon sa mère, son état de santé se dégrade de manière critique. La fille de Wang Jing commence quant à elle à développer des symptômes d'autisme face à l'emprisonnement de sa mère. L'avocat de la journaliste a exigé à plusieurs reprises sa libération immédiate sous caution, sans que ces demandes n'aient trouvé d'écho favorable auprès du procureur.

Arrêté le 26 janvier 2015, le journaliste Wu Youming a récemment été traduit en justice pour “extorsion et chantage”. Son procès à huis clos, durant lequel Wu Youming a plaidé non coupable, a eu lieu le 4 juin 2015 à Wuxue, dans la province du Hubei. Lors de ses plaidoiries de défense, l'avocat Li Jinglin a demandé à ce que les droits et la dignité de Wu Youming soient respectés et a réclamé sa libération immédiate.

Le reporter Lian Huanli, également collaborateur bénévole du site d'information, est quant à lui détenu depuis fin mars 2015, accusé d'avoir été client de prostituée(s) et condamné à un an de prison. Depuis le tremblement de terre de 2013 au Sichuan, Lian Huanli s'était illustré en tant que défenseur des droits des victimes de la catastrophe dans le canton de Lushan.

La journaliste militante de 64Tianwang Zhang Jixin a elle aussi fait les frais de la répression des autorités chinoises et est détenue depuis le 26 avril 2015 pour “rassemblement dans le but de troubler l'ordre public” et “provocations”. Lors de son arrestation, les forces de police de la province du Jilin ont également confisqué son ordinateur, son téléphone ainsi que plus de 400 pages de travaux.

Le site 64Tianwang, jugé subversif par le gouvernement notamment pour ses écrits sur les violations des droits de l'homme par les autorités, avait déjà fait l'objet d'une série de cyber-attaques en septembre 2014. Son fondateur Huang Qi a quant à lui été condamné à purger des peines d'emprisonnement à plusieurs reprises pour la diffusion d'articles concernant les événements de la place Tian'anmen, ou encore pour « possession de secrets d'Etat » suite au tremblement de terre dans le Sichuan en 2008.

Rappelons que la Chine demeure la plus grande prison du monde pour les acteurs de l'information. Gao Yu, première lauréate du prix Guillermo Cano de l'Unesco en 1997 et dernière journaliste victime de la répression des autorités, a été condamnée en avril dernier à sept ans de prison.

La Chine occupe la 176e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2015, établi par RSF.

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