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Deux journalistes étrangers convoqués et menacés après des reportages au Tibet

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières demande à Liu Qi, président du Comité d'organisation des JO, de clarifier le statut du Tibet dans les nouvelles régulations pour les journalistes étrangers.

Reporters sans frontières est très préoccupée par l'attitude du ministère chinois des Affaires étrangères, qui a récemment convoqué et mis en garde deux journalistes occidentaux suite à des reportages au Tibet.

"Alors même que le Comité d'organisation des JO de Pékin vient de rendre public un document très détaillé sur tous les bénéfices dont vont pouvoir bénéficier les journalistes étrangers, il est choquant de voir que des correspondants étrangers sont harcelés pendant leurs enquêtes, puis sermonnés quand ils publient des informations qui déplaisent aux autorités. Nous demandons à Liu Qi de prendre position publiquement pour que les journalistes puissent se rendre sans entraves au Tibet et au Xinjiang et de faire cesser les pratiques de harcèlement", a affirmé l'organisation.

Dans son introduction du "Guide des services pour les journalistes étrangers lors des Jeux olympiques de Pékin", rendu public le 9 mai dernier, Liu Qi écrit : "La liberté des journalistes étrangers dans leurs activités professionnelles sera assurée." Plus loin, il est écrit : "Les journalistes étrangers avec un visa valide ou un certificat peuvent voyager aux endroits ouverts aux étrangers." Reporters sans frontières déplore, en outre, que les autorités confirment dans ce guide que les nouvelles régulations prendront fin en octobre 2008.

Le 15 mai, Harald Maass, correspondant en Chine du quotidien allemand "Frankfurter Rundschau", a été convoqué au ministère chinois des Affaires étrangères. Un directeur de division du Département de l'Information, Zhang Lizhong, a mis en garde le journaliste, affirmant que son reportage au Tibet était une "erreur" et une affaire sérieuse. Il a reproché à Harald Maass d'avoir "déformé les faits" dans ses articles et d'avoir "violé les standards journalistiques". L'officiel lui a demandé de "corriger ses erreurs". Interrogé par Reporters sans frontières, Harald Maass a expliqué que c'était la première fois en neuf ans de présence en Chine qu'un officiel du ministère des Affaires étrangères le menace pour ses articles.

Zhang Lizhong a déclaré que le journaliste avait le droit de se rendre au Tibet en vertu des nouvelles régulations concernant la presse étrangère, mais qu'il aurait dû obtenir une autorisation des représentants du ministère (Weiban) à Lhassa.

Le même jour, Tim Johnson, correspondant du groupe de presse américain McClatchy en Chine, a été convoqué par le même officiel du ministère des Affaires étrangères. Zhang Lizhong lui a également reproché son reportage au Tibet. Il a qualifié certains passages des articles du correspondant de "faux" et "inacceptables". Selon Tim Johnson, Zhang Lizhong lui a dit que les nouvelles régulations ne couvraient pas les reportages au Tibet.

Harald Maass et Tim Johnson s'étaient rendus au Tibet en avril dernier. A leur arrivée à Lhassa, ils avaient été suivis et harcelés par des policiers chinois en civil. Des Tibétains avec qui ils s'étaient entretenus ont reçu des amendes. La police a empêché Harald Maass de se rendre dans la ville de Shigatse.

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