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Des moines s'immolent par le feu pour protester contre les attaques de la police, l'isolement et la surveillance

Moines du monastère de Kirti, dans la province du Sichuan
Moines du monastère de Kirti, dans la province du Sichuan

Raids effectués avec violence, détentions arbitraires et surveillance policière permanente ont poussé deux anciens moines tibétains à s'immoler par le feu le 7 octobre, rapporte Human Rights Watch. Ces décès tragiques suivent un patron, alors que quatre autres personnes se sont immolées cette année seulement dans la région du Sichuan.

Choephel, 18 ans, et Khaying, 20 ans, ont mis le feu à leurs vêtements pour protester contre les conditions difficiles au monastère de Kirti, dans la région d'Aba, province du Sichuan, indique l'organisation. Ils sont décédés plus tard à l'hôpital.

D'après Human Rights Watch, au moins une des quatre autres personnes qui se sont immolées plus tôt cette année, Phuntsok Jarutsang, 20 ans, a succombé à ses blessures. L'organisation n'a toutefois pas été en mesure de trouver quelque renseignement sur les allées et venues des autres, ni sur leur état de santé.

De nombreux monastères et communautés du plateau tibétain sont visés par la répression policière depuis les manifestations séparatistes de 2008. Depuis 2002, le gouvernement chinois a accru d'une manière particulière les dépenses de sécurité dans les préfectures d'Aba et de Ganzi, dépenses qui se sont multipliées par cinq par rapport aux préfectures non tibétaines du Sichuan, indique Human Rights Watch. Cela va jusqu'à mettre des policiers de faction devant les monastères et à employer des tactiques brutales, notamment le retrait par la force des moines jugés gênants.

En outre, les moines de Kirti doivent posséder des lettres de trois garants différents s'ils veulent quitter l'enceinte du monastère, fait remarquer Human Rights Watch.

« L'évolution récente de la situation au monastère de Kirti et aux alentours de celui-ci montre le terrible coût humain de la répression constante », dit Sophie Richardson, directrice du programme chinois à Human Rights Watch. « Il est clair que le gouvernement chinois ne peut régler le problème rien qu'avec de l'argent - la stabilité réelle résulte de la protection, et non du déni, des droits de la population. »

En dépit du fait que les immolations constituent des gestes individuels, la réponse du gouvernement chinois a été de punir collectivement les moines à Kirti et dans les zones avoisinantes, rapporte Human Rights Watch. Après le premier suicide par le feu en mars, l'eau et la nourriture ont été coupées pendant plusieurs jours à Kirti. En avril, plus de 300 moines de Kirti ont été transférés vers des lieux non précisés et soumis à des semaines d'« éducation patriotique », après quoi certains d'entre eux ont été forcés de rentrer chez eux et de rester à l'écart du monastère.

Trois moines de Kirti ont été condamnés en septembre à des peines de 10 à 13 ans de prison parce qu'ils auraient aidé Jarutsang à s'immoler, selon ce que rapporte Human Rights Watch. De nombreuses autres personnes soupçonnées de participation ont été condamnées à des peines allant jusqu'à trois ans de travaux forcés, ajoute l'organisation.

Human Rights Watch exige que le gouvernement chinois rende publics les renseignements sur les moines retirés de force du monastère de Kirti et demande aux gouvernements à travers le monde de faire pression auprès des autorités chinoises pour que cesse la détérioration des droits de la personne en Chine, surtout au Tibet.

Le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC) attire également l'attention mondiale sur les violations des droits des Tibétains, et présentera dans ce but le cas d'un poète et essayiste tibétain emprisonné, Tashi Rabten, à l'occasion de sa Journée Internationale annuelle de l'Écrivain emprisonné, le 15 novembre. Rabten a été reconnu coupable d'avoir encouragé le séparatisme après avoir écrit plusieurs articles critiquant la dure répression du gouvernement chinois contre les manifestations de protestation de mars 2008 à Lhassa.

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