RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

L'ÉCOUTE ÉLECTRONIQUE ILLÉGALE MENACE LE TRAVAIL ET LES SOURCES DES JOURNALISTES

L'écoute clandestine illégale d'éminents journalistes colombiens menace leur travail et compromet la confidentialité de leurs sources, disent la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Société interaméricaine de la presse (SIP) et Reporters sans frontières (RSF), qui sont membres de l'IFEX.

Le principal hebdo d'informations de Colombie, « Semana » révélait la semaine dernière que des agents du service national de renseignement de Colombie (DAS) avaient écouté clandestinement les communications d'éminents journalistes colombiens, de juges, de politiciens d'opposition et même de hauts fonctionnaires de l'administration du président Álvaro Uribe.

Citant cinq agents non identifiés du DAS, le magazine précise que de hauts responsables du renseignement avaient surveillé et intercepté des milliers de courriels et de conversations téléphoniques à la fin de 2008 - certains d'entre eux ont même vendu ces informations à des groupes armés et à des trafiquants de drogue.

Un détective spécialiste du contre-espionnage a déclaré à « Semana » que l'un des objectifs de l'écoute illégale des médias et des journalistes, « est d'informer le gouvernement de ce qui se fait dans les médias, afin de lui donner le temps de réagir lorsque surviennent des situations critiques ».

Le magazine a identifié six journalistes bien connus qui ont été espionnés : ce sont le directeur de « Semana », Alejandro Santos; Julio Sánchez Cristo et Félix de Bedout de « W Radio »; le directeur de « Caracol Radio » Darío Arizmendi; Ramiro Bejarano, chroniqueur au quotidien « El Espectador »; et Daniel Coronel, directeur du service des informations du réseau de télévision « Canal Uno » et chroniqueur à « Semana ». Coronel est l'un des critiques les plus virulents d'Uribe.

La semaine dernière, le procureur général Mario Iguarán a ordonné la fouille du quartier général du DAS et a désigné deux procureurs pour faire enquête sur l'agence. Uribe a déclaré qu'il n'avait pas commandé les écoutes clandestines, qu'il a attribuées à un « gang maffieux » au sein du service de renseignement.

Le DAS, qui relève directement du président de la Colombie, est rongé par les scandales depuis le début du mandat d'Uribe, indiquent les reportages.

« Nous sommes consternés que le président Uribe, qui se targue de contrôler fermement les institutions de la Colombie, reconnaisse qu'une agence d'espionnage qui relève de lui soit atteinte de frénésie », a dit le CPJ. « Le DAS doit être réformé afin de garantir qu'il agit conformément à la loi. »

Depuis l'éclatement du scandale, au moins trois hauts dirigeants du DAS ont remis leur démission, et Uribe a annoncé que le DAS ne sera plus directement en charge des interceptions électroniques. Celles-ci seront désormais confiées à l'autorité de la police nationale.

Consulter les sites suivants :
- FLIP : http://www.flip.org.co/veralerta.php?idAlerta=348
- CPJ : http://tinyurl.com/cfbj4v
- SIP : http://www.ifex.org/en/content/view/full/101063/
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=30420
- Semana : http://tinyurl.com/cvzq5w
(4 mars 2009)

Dernier Tweet :

#UAE detained British academic @Mhedgesh for months without charge, denying him due process, @hrw said. Abuses rais… https://t.co/4rIiq5NWpt