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Des journalistes sont surveillés par les service de renseignement

Une chasse aux sorcières chez les journalistes et les activistes critiques à l'égard du gouvernement pendant les deux mandats du Président sortant de la Colombie, Alvaro Uribe, est relatée en détail dans un rapport de Reporters sans frontières (RSF). Intitulé « ChuzaDAS : Les grandes oreilles du renseignement tournées contre la presse », le rapport a été rendu public trois jours avant l'élection présidentielle du 30 mai, après qu'une délégation de RSF se fut rendue en visite en Colombie entre le 16 et le 20 mai. Au même moment, une délégation de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires - Amérique latine et Caraïbes (AMARC-ALC) se trouvait en Colombie afin de déterminer la situation de la libre expression et de la radio communautaire.

Le président Uribe s'enorgueillissait d'avoir instauré la sécurité, alors qu'il pactisait avec les groupes paramilitaires pour viser les critiques, explique le rapport de RSF. Uribe est connu pour avoir vilipendé publiquement les journalistes et avoir vu des nuisances dans les journalistes, les politiciens d'opposition et les activistes. Par ailleurs, on a procédé sous son régime à des exécutions extra-judiciaires de civils que l'on revêtait d'uniformes de rebelles afin de soutenir l'idée d'une victoire sur la guérilla.

On reproche à Uribe la corruption de ses services de renseignement - le Département Administratif de la Sécurité (DAS) - qui a supervisé les écoutes électroniques, les actes de sabotage et l'intimidation des journalistes.

Quatre-vingts députés du parlement sont sous le coup d'inculpations, le quart d'entre sont déjà en prison. Le rapport indique que l'écoute électronique était confiée à des officiers supérieurs de l'armée. Aujourd'hui, l'ancien ministre de la Défense d'Uribe, Juan Manuel Santos, est considéré comme le favori dans le scrutin de cette semaine.

Parmi les personnes visées se trouvaient 16 journalistes dont les lignes téléphoniques ont été mises sous écoute, précise le rapport. Le DAS s'est intéressé tout particulièrement aux journalistes Hollman Morris et Claudia Julieta Duque, qui ont enquêté sur le meurtre, en 1999, de l'éditorialiste et écrivain satirique Jaime Garzón. Les journalistes ne se sentaient pas en sécurité de se servir de quelque instrument de télécommunications et se rencontraient face à face pour partager leurs renseignements.

Maintenant, les journalistes restent vulnérables. « Ces révélations s'avèrent en elles-mêmes intimidantes pour le journalisme et pour les relations entre les journalistes et leurs sources, alors que la presse est déjà atteinte par l'autocensure », a déclaré. Andrés Morales, directeur de la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP).

À l'heure actuelle, sous l'apparence tordue de protection, d'anciens agents du DAS qui travaillent pour des entreprises de sécurité agissent comme gardes du corps de journalistes menacés, et continuent à surveiller leurs clients pour le compte de leur ancien employeur. Conscient d'être surveillé par une cohorte bigarrée d'agents du DAS et de la police, un journaliste indique : « Si vous rejetez le système de sécurité, cela revient à donner à quelqu'un la permission tacite de vous tuer. »

Au cours de la mission de l'AMARC-ALC, les délégués ont constaté que des communautés subissent toujours la violence des forces de sécurité d'État, des paramilitaires et de la guérilla, ce qui limite la libre expression. Aucun de ces groupes armés ne fait la distinction entre cibles militaires et civiles. Les journalistes sont particulièrement menacés parce qu'ils peuvent être soupçonnés d'être des sympathisants de la guérilla et être visés par les paramilitaires ou les forces de l'État. Il est de toute urgence nécessaire de sauvegarder les stations de radio basées dans la communauté, dit l'AMARC-ALC.

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