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Le Panama accorde l'asile à une ancienne directrice du renseignement de la Colombie : "une insulte aux victimes du DAS", selon RSF

(RSF/IFEX) - Le 22 novembre 2010 - C'est avec colère que Reporters sans frontières a pris connaissance de l'offre d'asile octroyée par le Panama à l'ancienne directrice du Département administratif de sécurité (DAS), María del Pilar Hurtado, le 19 novembre 2010. L'intéressée doit se rendre au consulat panaméen de Bogotá, ce 22 novembre, pour y recevoir les documents l'autorisant à s'établir dans le pays voisin.

Une telle mesure est une insulte aux victimes des procédés du DAS - écoutes sauvages ou "Chuzadas", propagande noire, actes de sabotages -, commis sous le double mandat d'Alvaro Uribe. Ces manœuvres ont notamment visé des journalistes critiques de la politique dite de "sécurité démocratique" de l'ancien président, mais aussi des défenseurs des droits de l'homme, syndicalistes, magistrats et hommes politiques.

Directrice de la principale centrale de renseignement colombien d'août 2007 à octobre 2008, María del Pilar Hurtado fait partie des trois anciens dirigeants du DAS - parmi dix hauts fonctionnaires de l'administration Uribe -, sous le coup de sanctions disciplinaires pour le seul volet des écoutes sauvages, depuis le 1er octobre dernier. Nous attendons toujours qu'un récent rapport du parquet général de la nation donne lieu à un complément d'enquête et à des poursuites pénales sur l'ensemble du dossier. Un recours a été déposé en ce sens, le 6 octobre, par la journaliste de Radio Nizkor, Claudia Julieta Duque, l'une des victimes du "Dasgate".

Le président panaméen, Ricardo Martinelli, proche d'Alvaro Uribe, a argué de la "stabilité régionale" pour justifier cette offre d'asile. Le bon voisinage géopolitique autoriserait donc à violer les principes fondamentaux du droit et à entériner l'impunité ? María del Pilar Hurtado n'est pas victime de persécution politique. Elle-même qui a couvert les pratiques des services de renseignement se sentirait-elle aujourd'hui menacée par ces derniers ?

L'Organisation des États américains doit exiger des explications des deux gouvernements et éviter un mauvais précédent, d'autant que d'autres demandes d'asile auraient été déposées par des personnalités impliquées dans le "Dasgate".

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