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Un journaliste est tué dans une région déchirée par la violence

Le journaliste indépendant Luis Eduardo Gómez, qui était aussi témoin dans une enquête sur les liens entre des politiciens et des paramilitaires, a été abattu la semaine dernière à Arboletes, département d'Antioquia, au nord-ouest de la Colombie, selon ce que rapportent la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP), la Société interaméricaine de la presse (SIP) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Il est le premier journaliste assassiné en Colombie cette année, fait remarquer l'Institut international de la presse (IIP).

Gómez, qui était âgé de 70 ans et dont les textes les plus récents, portant sur le tourisme et l'environnement, avaient été publiés dans les journaux « El Heraldo de Urabá » et « Urabá al Día », a été tué le 30 juin par deux individus circulant à motocyclette qui ont ouvert le feu sur lui tandis qu'il rentrait chez lui avec sa femme, dit l'IIP. D'après la FLIP, il n'avait pas rapporté avoir reçu de menaces.

Le fils de Gómez, avec qui il avait travaillé dans le monde du journalisme, a été tué il y a deux ans dans des circonstances que les autorités n'ont toujours pas élucidées, mais il pourrait avoir été la cible de paramilitaires, dit l'IIP. Le journaliste enquêtait sur le meurtre de son fils et sur la gestion des ressources locales, selon ce qu'a indiqué à la FLIP un journaliste local qui souhaite conserver l'anonymat.

Gómez est le deuxième témoin dans une affaire de « parapolitique » à être assassiné en 72 heures, le quatrième depuis novembre 2010, dit l'IIP. Trois jours auparavant, le leader communautaire José Vicente Botero, qui avait participé lui aussi aux enquêtes et avait reçu des menaces de membres d'un groupe de paramilitaires, a lui aussi été tué.

D'après l'IIP, aux obsèques de Botero, Gómez a affirmé que sa mort était le résultat d'une alliance criminelle entre politiciens et paramilitaires dans la région. Les habitants d'Arboletes croient que ces mots ont été la sentence de mort de Gómez.

Les groupes paramilitaires de la région qui ont refusé la démobilisation ont constitué depuis des gangs criminels qui poursuivent leurs opérations, dit la FLIP.

À cause d'eux, l'autocensure s'est répandue dans la région. « Ces gangs ne sont sous la direction de personne; ils font ce qu'ils veulent. Ils tuent si est rendue publique la moindre information qu'ils n'aiment pas. Il est difficile ne serait-ce que d'enregistrer la moindre entrevue. Personne ne veut parler parce que tout le monde a peur. Nous devons faire attention à ce que nous disons », a dit à la FLIP un journaliste qui veut conserver l'anonymat.

D'après la FLIP, 55 journalistes colombiens ont été victimes de menaces pendant la première moitié de l'année 2011, tandis que 57 incidents du même genre ont été recensés pendant toute l'année 2010.

Le dernier Index de l'Impunité établi par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) montre qu'au cours des quatre dernières années, la Colombie a amélioré son bilan, alors que la violence dirigée contre la presse s'est atténuée et que les autorités ont remporté quelque succès dans les poursuites contre les assassins de journalistes.

La Colombie « ne doit pas laisser cette nouvelle tuerie mettre un frein aux progrès réalisés jusqu'ici », dit le CPJ.

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