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Un attentat à la bombe vise un ancien ministre

L'animateur d'une émission-débat à la radio, qui a déjà été un ministre du gouvernement, a été blessé dans un attentat à la bombe à Bogotá peu après qu'il eut critiqué une modification constitutionnelle qui ouvrirait la porte à des pourparlers de paix avec les groupes rebelles, selon ce que rapportent la Fundación para la Libertad de Prensa (FLIP) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Il n'y avait pas eu d'attentat à la bombe dans la capitale depuis 2003.

Fernando Londoño, qui agissait comme ministre de l'Intérieur et de la Justice sous la présidence d'Álvaro Uribe, a subi une commotion cérébrale et des blessures à la tête le 15 mai lorsqu'un homme portant une perruque et se faisant passer pour un marchand ambulant aurait attaché la bombe au VUS blindé de Londoño.

D'après les dépêches, le garde du corps et le chauffeur de Londoño ont été tués dans l'explosion, et des dizaines de personnes ont été blessées.

Londoño venait tout juste de terminer la diffusion de son commentaire à la radio intitulé « La Hora de la Verdad » (L'Heure de Vérité), rapporte la FLIP. Dans son émission, Londoño avait critiqué la proposition de modification constitutionnelle, intitulée « Le cadre juridique de la paix ». La modification est conçue afin de faciliter les pourparlers de paix avec les groupes armés, dont le groupe de guérilla FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), en donnant aux rebelles qui acceptent de rendre les armes une exemption de nombreux crimes et en leur permettant de participer à la lutte politique, dit le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Selon Human Rights Watch, la modification ouvrirait "la porte à l'impunité pour les violations abominables des droits de la personne commises par les guérilleros, les paramilitaires et l'armée."
« Cela permettrait aux autorités colombiennes d'abandonner complètement les poursuites et de suspendre les sentences dans les affaires de violations graves, en contradiction directe avec les obligations de la Colombie aux termes du droit international », ajoute Human Rights Watch.

Les dépêches donnent à penser que l'attentat pourrait être lié à la modification, que le Congrès a adoptée plus tard le même jour.

Figure controversée impliquée dans un certain nombre de scandales de corruption et qui s'est vu interdire d'occuper des postes publics pendant 15 ans, Londoño se sert de son émission de radio pour critiquer vertement les FARC et défendre les politiques conservatrices du gouvernement Uribe.

Selon le CPJ, le général Luis Eduardo Martínez, commandant des forces policières de Bogotá, a déclaré qu'il y a avait de « forts éléments de preuve » que l'attentat était l'œuvre des FARC.

La violence politique en Colombie a décliné ces dernières années; selon le magazine « TIME », l'explosion était « le premier attentat terroriste majeur à Bogotá depuis 2003 et a fait voler en éclats la notion voulant que la capitale de la Colombie fût à l'abri de la violence de la drogue et de la guérilla qui fait toujours rage dans les coins reculés de la jungle et les régions montagneuses ».

Mais les FARC, qui ont fait les manchettes récemment en promettant de mettre fin à leur longue pratique d'enlèvement de civils, se sont ravisées et ont enlevé Roméo Langlois, correspondant de la télévision française le 28 avril lors d'une violente confrontation avec l'armée. Langlois est toujours retenu captif.

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