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Jineth Bedoya Lima

Au cours des années qui ont suivi son enlèvement et sa violente agression alors qu'elle enquêtait sur la violence dans une prison de haute sécurité impliquant des officiels et des groupes paramilitaires, Jineth Bedoya Lima, journaliste primée, a travaillé sans cesse pour mettre en avant les problèmes de violences sexuelles contre les femmes.

Via FLIP

Suite à la libération suivie d'une nouvelle arrestation en moins d'une semaine du principal suspect de son affaire, on pouvait lire dans El Tiempo:

J'ai séché mes larmes et j'invite maintenant mes confrères à me rejoindre pour donner une voix à toutes les autres femmes qui méritent que leurs cas soient entendus.

Née en Colombie en 1974, Jineth Bedoya Lima est une journaliste primée qui lutte pour les droits des femmes. Elle est aussi connue pour ses reportages sur les groupes paramilitaires colombiens que pour les enlèvements et les menaces dont elle a été victime en 2000 et 2003 dans le cadre de son travail. En 2000, elle est enlevée, torturée et violée et son affaire devient le symbole de la corruption qui gangrène le système judiciaire colombien.

Le 25 mai 2000, jour de son agression toujours non résolue, Bedoya enquêtait pour un reportage pour El Espectador sur des faits de violences dans une prison de haute sécurité impliquant des officiels et des groupes paramilitaires. Alors qu'elle était à la prison, pour ce qui s'avéra être de faux prétextes, afin d'interviewer un responsable paramilitaire, elle a été enlevée, torturée et violée par trois miliciens. Alors qu'ils la torturaient, ses assaillants lui ont dit, “Nous envoyons un message à la presse en Colombie.” L'enlèvement a eu lieu en plein jour et on le soupçonne, avec la complicité des autorités locales.

Dans les années qui ont suivi son enlèvement, Bedoya a inlassablement lutté pour attirer l'attention du public sur les questions de violences sexuelles contre les femmes. Désormais accompagnée de gardes du corps armés, elle a continué à relater les conflits et l'histoire des groupes paramilitaires de Colombie.

En 2000, elle a reçu le prix international de la liberté de la presse du Canadian Journalists for Free Expression, et en 2001 elle a gagné le Prix du Courage en Journalisme décerné par l'International Women's Media Foundation. En 2012, Bedoya a également été récompensée du Prix International de la Femme de Courage décerné par le Secrétaire d'Etat.

La décision du procureur général en septembre 2014 de reconnaître les agressions dont elle a été victime comme crime contre l'humanité a été bien accueillie, mais, le 1 juin 2015, le même bureau décidait d'abandonner les charges contre l'un des suspects, Alejandro Cárdenas Orozco. Il a de nouveau été arrêté seulement quelques jours plus tard : les membres locaux de l'IFEX en Colombie, la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP), dont les avocats ont représenté Bedoya et organisé en 2011 une pétition sur son affaire avec la Commission inter-américaine sur les droits de l'homme, ont déclaré dans un tweet qu'ils espéraient que ce soit le premier pas pour mettre finalement un terme aux 15 années d'impunité dont Bedoya a été victime.

Hélas, ce n'était qu'une illusion. Nous sommes en 2017 et justice n'a toujours pas été rendue dans l'affaire Bedoya. En mars, elle a dû se présenter pour la douzième fois afin de donner les détails de son calvaire. Au cours des 17 années au cours desquelles le pouvoir judiciaire a enquêté de manière inefficace et poursuivi ces crimes, plusieurs des personnes concernées, aussi bien les auteurs que les témoins, sont décédés ou ont échappé aux autorités.

Malgré tant de temps passé, les procédures juridiques dans l'affaire ont avancé à mi-vitesse, en raison d'un système judiciaire défaillant et d'un manque de volonté politique de la part de l'État lorsqu'il s'agit d'enquêter et de punir les responsables des crimes. Un exemple de cette situation est le fait, qu’à ce jour, la seule chose qui a été obtenue est la réduction des peines, par le biais d’une procédure légale de négociation avec le procureur, pour Alejandro Cárdenas Orozco et Mario Jaimes Mejía, qui ont partiellement plaidé coupable pour les accusations portées contre eux.

Dernière mise à jour: 20 juillet 2017

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