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Trois journalistes arrêtés pour avoir publié un rapport sur la corruption ayant fait l'objet d'une fuite

Trois journalistes de Côte d'Ivoire, qui refusaient de divulguer leurs sources après avoir publié des extraits d'un rapport du gouvernement sur la corruption dans le commerce du café et du cacao, ont été arrêtés le 13 juillet, selon ce que rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (Media Foundation for West Africa, MFWA), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et l'Institut international de la presse (IIP).

Les journalistes ont publié en une du quotidien privé « Le Nouveau Courrier » un reportage dans lequel ils révélaient des constatations contenues dans un rapport du gouvernement sur 23 chefs d'industrie accusés de corruption à la suite d'une enquête, toujours en cours, ordonnée en 2007 par le Président Laurent Gbagbo.

Le directeur et rédacteur en chef Stéphane Guédé, le chef des nouvelles Théophile Kouamouo et l'éditorialiste en chef Saint-Claver Oula ont été arrêtés le jour même de la parution de l'article et accusés de vol de documents confidentiels. La police a effectué une descente dans les bureaux du journal, en quête du rapport qui a été coulé.

La loi de la Côte d'Ivoire ne prévoit pas pour les journalistes de peines criminelles ou de détention préalable; cependant, dans les cas de délit de publication, le vol de documents secrets encourt une peine de prison, rapporte l'IIP. Les journalistes ont été formellement inculpés le 16 juillet de « vol de documents administratifs », délit qui encourt une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à dix ans. Saint-Claver Oula a entrepris une grève de la faim et refuse toute médication en dépit du fait qu'il était atteint, au moment de son arrestation, de troubles d'estomac, dit le CPJ.

Le 16 juillet, des groupes de médias présents à une conférence de presse à Abidjan, la capitale, ont menacé de publier dans son intégralité dans leurs médias respectifs le rapport sur des allégations de détournement de fonds si les trois journalistes n'étaient pas relâchés.

Devant le tribunal le 20 juillet, le procureur a requis une peine d'un an de prison et une amende de 15 250 euros contre chacun des journalistes, ainsi que la suspension du quotidien et la confiscation de l'ordinateur utilisé pour cette histoire.

« Les journalistes ont le droit de refuser de divulguer leurs sources lorsqu'il est dans l'intérêt public d'agir ainsi », dit l'IIP. « Ce droit constitue la pierre angulaire de la profession. »

Dans une autre affaire, le journaliste Guy-André Keiffer a été enlevé en 2004 tandis qu'il enquêtait sur la corruption dans l'industrie du cacao. Il est toujours porté disparu.

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