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Des officiels interdisent la radiodiffusion des nouvelles dans le sillage du chaos électoral

Les gens font la queue pour aller voter à l’élection de cette année en Côte d’Ivoire
Les gens font la queue pour aller voter à l’élection de cette année en Côte d’Ivoire

Monica Mark/IRIN

Les autorités de Côte d'Ivoire ont interdit certaines retransmissions de nouvelles internationales et ont bloqué le mouvement des médias au milieu du chaos persistant qui a suivi l'élection présidentielle, selon ce que rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA), Reporters sans frontières (RSF), Human Rights Watch et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le candidat sortant et celui de l'opposition revendiquent tous deux la victoire.

Dans une déclaration officielle radiodiffusée le 2 décembre sur les ondes de la chaîne de télévision RTI, que contrôle le gouvernement, le Conseil national de la radiodiffusion a annoncé « la suspension immédiate des signaux de toutes les stations internationales de radio et de télévision qu diffusent des nouvelles et qui sont retransmises par le service de transmission par satellite Canal+ Horizon » afin de « préserver la paix sociale, gravement ébranlée ».

L'annonce est survenue quelques heures après que France 24, Africa 24 et d'autres stations qui diffusaient les résultats, où le politicien d'opposition Alassane Ouattara a été proclamé vainqueur avec 54 pour 100 des voix. La victoire de Ouattara a été immédiatement déclarée invalide par la Cour constitutionnelle, selon laquelle le président sortant Laurent Gbagbo l'avait emporté avec 51 pour 100 des voix.

D'après les dépêches, Gbagbo a défié les pressions internationales exercées par les États-Unis, la France et les Nations Unies pour qu'il reconnaisse sa défaite, se drapant dans le drapeau du pays tandis qu'il prêtait serment pour un autre mandat. Quelques heures plus tard, Ouattara annonçait que lui aussi avait prêté serment à titre de président.

« Cette décision cette décision brutale (...) limite l'accès des Ivoiriens à l'information alors que l'actualité de leur pays est brûlante », dit RSF. « Nous doutons fort que la suspension pure et simple de médias étrangers soit la réponse appropriée aux problèmes de paix sociale auxquels fait actuellement face la Côte d'Ivoire. »

RSF, qui suit de près les élections depuis des mois, avait salué précédemment les efforts énormes déployés par les médias ivoiriens et par les autorités de réglementation des médias afin de présenter une couverture équilibrée et professionnelle de la campagne présidentielle. RSF dit donc « regretter d'autant plus que la tension entourant les résultats ait entraîné un retour à des réponses répressives concernant la liberté de parole et l'accès à l'information ».

Plus tôt cette année, les autorités ivoiriennes ont suspendu les retransmissions par satellite de France 24 après que celle-ci eut diffusé des reportages sur la répression violente des manifestations de l'opposition par les forces de sécurité, rapporte le CPJ.

L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, qui se faisait attendre depuis longtemps, devait restaurer la stabilité dans un pays qui fut un temps l'un des plus prospères d'Afrique. C'est plutôt la violence qui a prévalu : le 4 décembre, les partisans de Ouattara sont descendus dans la rue, ont mis le feu à des pneus et à une table dans un quartier.

« Le risque de violence entre les partisans des deux camps, ainsi que la répression menée par les forces de sécurité ivoiriennes contre les partisans de Ouattara, véritables ou perçus comme tels, est extrêmement élevé », déclare Human Rights Watch.

Selon RSF, deux journalistes du quotidien d'opposition « Le Mandat » ont été tabassés le 2 décembre au quartier général de la Garde Républicaine avant d'être relâchés.

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