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La presse locale et étrangère victime de la bataille pour l'information entre les camps Gbagbo et Ouattara

(RSF/IFEX) - Le 17 décembre 2010 - Reporters sans frontières exprime sa très vive inquiétude concernant les conséquences, pour les journalistes et la presse, de la bataille que se livrent les camps Gbagbo et Ouattara pour le contrôle de la télévision d'État et de l'information en général.

Nous sommes très préoccupés par la situation en Côte d'Ivoire. La répression de la manifestation d'hier a malheureusement fait des victimes, et nous espérons que la reprise des hostilités n'en fera pas parmi les journalistes.

Nous déplorons que les autorités en place cherchent à empêcher les journalistes, perçus comme des témoins gênants, de couvrir les événements. De même, nous dénonçons leurs actions qui consistent à réduire l'information disponible aux Ivoiriens en interdisant la presse d'opposition, après avoir déjà suspendu les médias audiovisuels étrangers.

Incidents en marge de la marche sur la RTI

De nombreux incidents se sont produits à Abidjan, le 16 décembre 2010, lors de la marche de l'opposition houphouëtiste sur le groupe de presse public Radio-Télévision Ivoirienne (RTI) pour installer les nouveaux dirigeants nommés par Guillaume Soro, le Premier ministre d'Alassane Ouattara.

Des forces de sécurité fidèles au président Laurent Gbagbo ont menacé des équipes de télévision françaises qui couvraient la manifestation. Une équipe de la chaîne France 2 a ainsi été braquée à la kalachnikov par des éléments du Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS). Les journalistes ont été plaqués au sol et l'ensemble de leur matériel a été emporté. Une équipe de la chaîne France 3 a, quant à elle, été dispersée par des tirs à balles réelles, sans dommages.

Alassane Kanaté, cameraman occasionnel pour la chaîne France 24, a été arrêté à un barrage de militaires avant d'être conduit au commissariat central du Plateau, où il a passé la nuit. Le journaliste aurait été molesté. Il se trouve ce matin dans une clinique d'Abidjan pour recevoir des soins. Au moins trois journalistes ont été arrêtés par les forces de sécurité en marge de la manifestation.

La presse d'opposition dans le viseur des autorités

Des éléments de la garde républicaine ont, par ailleurs, effectué une descente, le 16 décembre, à l'imprimerie Sud Actions Médias et à celle du groupe de presse Olympe pour leur interdire d'imprimer le quotidien indépendant L'Intelligent d'Abidjan, et les journaux d'opposition Le Patriote, Le Nouveau Réveil, L'Expression, Nord-Sud, Le Mandat et Le Démocrate. En signe de protestation, l'imprimerie Sud Actions a décidé de refuser d'imprimer Le Nouveau Courrier et Le Temps, deux journaux proches de Laurent Gbagbo. La garde républicaine a également interdit à Presstalis (NNPP) de distribuer les journaux d'opposition.

Le 14 décembre, au cours d'une visite à la RTI, Ouattara Gnonzié, le ministre de la Communication nommé par Laurent Gbagbo, avait mis en garde la presse privée qui ne soutient pas le pouvoir en place. "Je vais rencontrer les organes de presse privée. Ils sont privés, mais ils ont le devoir de faire respecter les lois et la Constitution de notre pays. Les informations alarmantes, fausses, sont des comportements hors-la-loi, qui dépriment et démobilisent nos compatriotes. Il faut que cela cesse le plus rapidement possible", avait-il déclaré.

Le Service Communication de la présidence, le nouveau ministre de la Jeunesse, de l'Emploi et de la Salubrité publique, Charles Blé Goudé, et le général Bruno Dogbo Blé, commandant de la garde républicaine, font partie des autorités qui ont décidé d'interdire tous les journaux d'opposition, en dehors des textes réglementaires.

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