RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Le Président contesté serre la vis aux médias

Le Président de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo, qui fait l’objet d’une vive contestation, réaffirme depuis quelques mois sa mainmise sur les médias
Le Président de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo, qui fait l’objet d’une vive contestation, réaffirme depuis quelques mois sa mainmise sur les médias

UN/Paulo Filgueiras

Le Président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo resserre son contrôle sur le conseil qui réglemente la presse écrite et a ordonné le retrait des ondes d'un réseau de stations de radio parrainé par les Nations Unies, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Cette mesure de répression pourrait faire reculer de vingt ans la liberté des médias en Côte d'Ivoire, dit RSF.

Le 9 février, le Conseil national des Communications audiovisuelles (CNCA), que Gbagbo contrôle, a émis une déclaration annonçant la révocation du permis de radiodiffuser de l'ONUCI-FM, une station exploitée par la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans le pays. D'après le CPJ, le CNCA a déclaré que le gouvernement récupérait les treize fréquences radio qu'il avait accordées à la chaîne de nouvelles, conformément à une déclaration antérieure de Gbagbo qui demandait à la mission de l'ONU de quitter immédiatement le pays.

Les Nations Unies ont reconnu l'adversaire de Gbagbo, Alassane Ouattara, comme président élu depuis les élections très contestées de novembre 2010. L'ONUCI a rejeté de manière répétée les accusations de parti pris lancées par l'administration Gbagbo, indique le CPJ.

Gbagbo a émis un décret le 4 février par lequel il congédie le chef du Conseil national de la presse (CNP), l'organe officiel de réglementation de la presse écrite en Côte d'Ivoire, et il en a démis le Bureau. Un nouveau Bureau, bourré de partisans de Gbagbo, a été désigné par décret le 7 février, disent RSF et le CPJ.

Le président du conseil qui a été démis, Eugène Dié Kacou, a dit au CPJ avoir subi des pressions de l'administration Gbagbo pour qu'il ferme les journaux favorables à l'opposition, qui appuyaient Ouattara.

Selon RSF, Kacou a été remplacé par Débi Dally, qui, en tant que dirigeant de l'Agence ivoirienne de presse (AIP), a congédié des journalistes de l'AIP qui avaient couvert en décembre une marche de l'opposition contre la télévision d'État.

« Nous craignons que le CNP cesse de s'acquitter de ses tâches de réglementation et qu'il serve à punir sévèrement les journalistes et les médias d'opposition, et à protéger les médias fidèles à Gbagbo », dit RSF. « Une telle manoeuvre est susceptible de faire reculer de 20 ans la Côte d'Ivoire en ce qui concerne le respect de la liberté des médias. »

D'après RSF, le ministre des Communications de Gbagbo, Ouattara Gnonzié, a déclaré sur les ondes de Radio France Internationale que « la fin de la tolérance était une mesure d'autodéfense » et que les appels à la sédition ou à l'insurrection seraient dorénavant « punis sévèrement ».

RSF, le CPJ et la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA) ont également fait part de leur préoccupation au sujet de deux journalistes détenus par la police militaire et torturés gravement depuis leur arrestation à Abidjan le 28 janvier, tandis qu'ils s'apprêtaient à interviewer Ouattara. Aboubacar Sanogo et Yayoro Charles Lopez Kangbé, journalistes à la Télévision Notre Patrie (TVNP), sont inculpés de « rébellion » et d'avoir « menacé la sécurité nationale ». TVNP appuie les rebelles de Force Nouvelle, qui contrôlent le nord depuis 2002.

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org


Dernier Tweet :

Serodio Towo, editor of weekly Mozambican newspaper Dossiers & Factos receives threatening texts and calls warning… https://t.co/W9LnDNLkbc