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"Le président Ouattara tient à ce que chaque journaliste puisse faire son travail sans être inquiété", affirme l'ambassadeur ivoirien en France

(RSF/IFEX) - Le 14 avril 2011 - S'adressant à Ally Coulibaly, ambassadeur de Côte d'Ivoire en France, le 13 avril 2011, en marge d'un entretien sur l'affaire Guy-André Kieffer, Reporters sans frontières a appelé les nouvelles autorités ivoiriennes à respecter la liberté de la presse et à ne pas remettre en cause les acquis en la matière (loi sur la dépénalisation des délits de presse, acceptation de la presse d'opposition, etc).

L'organisation estime que la crise dont a souffert la Côte d'Ivoire ces derniers mois a porté des coups très sérieux à la liberté de la presse : organes de régulation accaparés par le pouvoir, médias publics utilisés à des fins de propagande, journalistes dans l'incapacité d'exercer leur profession pour des raisons de sécurité, intimidations, censure. Les deux camps se sont rendus responsables d'actes qui ont mis à mal la production sereine de l'information. Le processus de réconciliation annoncé par le nouveau gouvernement doit englober les médias et les journalistes dans le respect de la pluralité des voix et de toutes les tendances confondues.

"Nous ne ferons pas les mêmes erreurs. Nous savons que nous sommes attendus. Le président Ouattara tient à ce que chaque journaliste puisse faire son travail sans être inquiété", a affirmé Ally Coulibaly.

S'agissant de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), l'ambassadeur ivoirien a reconnu que le défi serait lourd. Ally Coulibaly est revenu sur les dérives observées dans ce média depuis plusieurs années et sur son utilisation comme outil de propagande diffusant des messages haineux au détriment de son rôle de service public.

Reporters sans frontières a évoqué l'idée de clarifier les procédures de recrutement des journalistes au sein de ce média public. Les candidats pourraient être soumis à un test basé sur les compétences professionnelles et le respect de l'éthique du journalisme. Dans le même esprit, l'organisation a soulevé la question des organes de régulation des médias - le Conseil national de la presse (CNP) et le Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) - dont les pouvoirs doivent être respectés et dont l'indépendance doit être garantie.

Reporters sans frontières fait savoir aux autorités ivoiriennes qu'elle sera très attentive à l'évolution de la situation et qu'elle se tient à leur disposition pour accompagner les efforts visant à garantir le respect de la liberté de la presse.

L'organisation reste vivement préoccupée par les risques de représailles et de règlements de comptes qu'induit la forte polarisation de la presse ivoirienne, ainsi que par les conditions de sécurité de nombreux journalistes ivoiriens. Le 6 avril dernier, le directeur général de la RTI, Brou Amessan, a été passé à tabac par des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Il a été blessé à la main et au pied.

Plusieurs journalistes du groupe de presse Olympe, publiant les quotidiens Soir Info et L'Inter, restaient bloqués dans leur rédaction depuis le 31 mars, par peur de représailles dans certaines communes d'Abidjan. Un journaliste de L'Inter a été violemment pris à partie à un barrage par des partisans d'Alassane Ouattara dans le quartier de Treichville, le 11 avril.

Certains journalistes proches de l'ancien pouvoir son entrés en clandestinité. D'autres restent menacés par les Jeunes patriotes liés encore à Laurent Gbagbo. Plusieurs quotidiens ivoiriens préparent leur retour imminent dans les kiosques. Enfin, Reporters sans frontières prend acte de la reprise de la diffusion, en Côte d'Ivoire, des chaînes TV5 Monde et France 24. Celles-ci avaient été suspendues, début décembre 2010, par le CNCA.

ADDITIONAL INFORMATION
De quoi discutent les autres membres de l'IFEX


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