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Les représailles continuent contre les journalistes pro-Gbagbo; la presse d'opposition réapparaît

Après une lutte mortelle en Côte d'Ivoire, au cours de laquelle au moins 3 000 personnes ont perdu la vie, un million d'autres ont été déplacées et où les journalistes ont dû affronter des attaques des deux côtés, Alassane Ouattara a été assermenté officiellement comme Président le 21 mai. Mais les médias fonctionnent toujours dans un climat de peur et les atrocités se poursuivent. Un journaliste qui soutenait ouvertement le Front populaire ivoirien (FPI) de l'ancien Président Laurent Gbagbo a été assassiné début mai et d'autres se sont réfugiés dans la clandestinité - en dépit de la réapparition des journaux d'opposition, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

D'après Amnistie Internationale, autant les forces alliées à Gbagbo que celles de Ouattara ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité lors du conflit qui a suivi l'élection. Le 11 avril, Gbagbo a finalement été contraint de sortir de son bunker présidentiel par les forces favorables à Ouattara appuyées par l'armée française. Plusieurs semaines après son arrivée au pouvoir, cependant, les représailles commises par les forces loyales à Ouattara persistent, même si celui-ci a promis la paix et la réconciliation. La cérémonie d'entrée en fonction a été marquée par la présence de 20 autres dirigeants nationaux et par celle du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

Le groupe local de défense de la liberté de la presse, le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), a rapporté la découverte du corps criblé de balles du journaliste Lago Sylvain Gagnetaud, qui était rédacteur en chef adjoint à Radio Yopougon. L'homme de 42 ans a été retrouvé avec des dizaines d'autres cadavres dans une fosse commune à Yopougon, le quartier le plus important de la capitale économique, Abidjan, le même week-end où Ouattara est devenu officiellement Président.

Un membre de la famille prétend que Gagnetaud a été abattu par les forces républicaines de la Côte d'Ivoire (FRCI) - qui soutenaient Ouattara contre Gbagbo - tandis qu'il fuyait Yopougon avec sa famille. (Certains disent que Gagnetaud a été tué parce qu'il était journaliste et parce que sa station était sous l'emprise d'un conseiller municipal qui appartenait au parti de Gbagbo.) RSF rapporte que Gagnetaud a été exécuté avec des jeunes soupçonnés d'être des miliciens. Des journalistes locaux ont déclaré que les combattants des FRCI ont ensuite incendié la station communautaire, Radio Yopougon, forçant le personnel de la station à se réfugier dans la clandestinité, notamment sa rédactrice en chef, Paule-Bénédicte Tagro Guyemane.

Gagnetaud était secrétaire général de l'Organisation des Journalistes Professionnels de Côte d'Ivoire (OJPCI) et avait également travaillé pour le groupe de médias Olympe, favorable à Ouattara, et pour le quotidien « Le Jeune Démocrate », proche du parti de Gbagbo, indique le CIPJ.

Tandis que les forces des FRCI continuent d'errer dans Abidjan, à la recherche d'armes, paraît-il, les journalistes eux, vivent dans la peur. La semaine dernière, les journalistes Ferdinand Bailly et Florida Basile Bahi sont entrés dans la clandestinité après avoir été dénoncés comme des « journalistes de Gbagbo » par des jeunes gens qui circulaient dans les rues, dit le CIPJ.

Dans un autre épisode, la directrice de l'entreprise qui publie le quotidien « Le Temps », Nina Bolou, a été arrêtée le 24 mai puis relâchée le même jour; elle a été interrogée au sujet de l'appui de son journal au Front populaire ivoirien de Gbagbo. D'après RSF, cet enlèvement visait à intimider le personnel du journal, quelques jours avant la reprise prévue de la publication.

Une note positive, toutefois : un quotidien qui appuie le FPI de l'ancien Président Gbagbo, « Notre Voie », était de retour dans les kiosques le 23 mai à Abidjan, pour la première fois depuis que Gbagbo a été expulsé du pouvoir en avril. D'après la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA), l'imprimerie de l'éditeur de « Notre Voie » a été détruite par des incendiaires à la fin avril. D'autres journaux pro-Gbagbo, comme « Le Nouveau Courrier d'Abidjan », « Le Quotidien d'Abidjan » et « Prestige Mag », devraient reparaître bientôt.

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