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Neuf dissidents libérés, mais de nombreux autres restent derrière les barreaux

Après plus de sept de prison, neuf dissidents cubains ont été libérés cette semaine.
Après plus de sept de prison, neuf dissidents cubains ont été libérés cette semaine.

Jaime García/ABC

Le gouvernement du Président Raúl Castro a consenti à libérer 52 des 75 journalistes, écrivains, activistes, bibliothécaires et membres de partis politiques d'opposition emprisonnés en 2003 à la suite d'une vague de répression majeure menée contre la dissidence, connue sous le nom de Printemps Noir. Huit journalistes, qui ont passé plus de sept ans en prison à cause de leurs reportages indépendants, et un autre dissident sont arrivés en Espagne les 13 et 14 juillet dans la première vague de prisonniers politiques libérés. Les membres de l'IFEX sont préoccupés par le fait qu'ils sont libérés à la condition de quitter Cuba.

Après des négociations entre l'Église catholique de Cuba, le gouvernement cubain et le ministère espagnol des Affaires étrangères, 20 prisonniers politiques ont été désignés pour être libérés immédiatement. Les libérations subséquentes doivent intervenir dans les trois à quatre prochains mois. D'après le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC), les États-Unis et le Chili ont offert de recevoir des dissidents. Vingt des 52 détenus ont accepté de se rendre en Espagne jusqu'à maintenant.

« Nous invitons le gouvernement cubain à fournir aux familles en détresse de ceux qui sont toujours incarcérés des renseignements détaillés et pertinents sur leur libération promise. Les autorités cubaines doivent agir avec célérité et libérer tous les journalistes qui sont toujours en prison », indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
L'exil en Espagne ne « constitue pas une solution compatissante et satisfaisante », dit Reporters sans frontières (RSF). Les remises en liberté devraient inclure le droit des opposants politiques de vivre dans leur propre pays et de défendre leurs opinions sans crainte d'emprisonnement. Pour Freedom House, c'est là un moyen pour le gouvernement d'effacer physiquement l'opposition du pays. Le régime « continue de restreindre la liberté sous toutes ses formes, que ce soit d'expression, de la presse, d'association ou d'assemblée », dit la Société interaméricaine de la presse (SIP).

Cuba est l'un des pires geôliers de journalistes du monde - seuls l'Iran et la Chine font pis. En 2003, après des procès sommaires menés à huis clos, les journalistes ont été condamnés à des peines allant jusqu'à 28 ans de prison pour crimes contre l'État. Les journalistes avaient travaillé pour des agences de nouvelles indépendantes et transmis des reportages outremer, au téléphone et par fax, à des médias d'informations et à des sites web.

En plus d'être parfois soumis à la torture, les prisonniers subissent de mauvaises conditions de détention - aucune ventilation, éclairage faible, alimentation déficiente. Ils souffrent de maladies telles que dépression, hypertension artérielle, troubles gastro-intestinaux chroniques et pneumonie.

Le Centre américain du PEN International salue la libération du journaliste Normando Hernández González, hospitalisé à de nombreuses reprises au cours des sept dernières années. Il avait été condamné à 25 ans de prison.

L'annonce de la libération des prisonniers est survenue pendant une grève de la faim de quatre mois menée par le journaliste Guillermo Fariñas, qui exigeait la remise en liberté de 26 prisonniers politiques atteints de graves troubles de santé. Fariñas a entrepris sa grève de la faim le 24 février, soit le lendemain du décès d'un prisonnier politique, Orlando Zapata Tamayo, qui a succombé après une grève de la faim de 85 jours. Fariñas a interrompu sa grève de la faim après avoir appris la décision de la remise en liberté des prisonniers.

Depuis qu'il a pris les rênes du pouvoir de son frère Fidel en juillet 2006, Raúl Castro a incarcéré un grand nombre de prisonniers politiques, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Un groupe cubain de défense des droits de la personne a documenté 167 cas actuels de prisonniers politiques. Human Rights Watch estime que le nombre est beaucoup plus élevé.

« Tant que vont persister les lois draconiennes de Cuba et les procès bidons, dit Human Rights Watch, le régime continuera de repeupler ses prisons de nouvelles générations de Cubains innocents qui osent exercer leurs droits fondamentaux. »

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