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Un journaliste arrêté lors du « Printemps noir » est remis en liberté contre sa volonté

Héctor Maseda Gutiérrez
Héctor Maseda Gutiérrez

Un journaliste cubain qui avait refusé de sortir de prison tant que tous les prisonniers politiques ne seraient pas libérés a été remis en liberté contre sa volonté la semaine dernière, tandis que le gouvernement cubain continue de libérer les militants de l'opposition et les journalistes arrêtés lors de la fameuse répression de 2003, rapportent la Société interaméricaine de la presse (SIP), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité des écrivains en prison du PEN International (Writers in Prison Committee of PEN International, WiPC) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Le journaliste Héctor Maseda Gutiérrez a été remis en liberté le 12 février en vertu d'un programme spécial de libération conditionnelle, après presque huit ans de détention. Il avait été incarcéré dans le cadre de la répression du Printemps noir de 2003, lors de laquelle 75 dissidents, dont 29 journalistes, ont été reconnus coupables de trahison et condamnés à une peine collective de 1 500 ans de prison au terme de procès qui n'avaient même pas duré une journée.

L'épouse de Maseda, Laura Pollán, qui dirige le principal groupe d'opposition de Cuba, appelé les Femmes en blanc, a déclaré aux reporters que Maseda s'oppose à sa libération conditionnelle - sa peine de vingt ans d'emprisonnement n'ayant pas été levée - et qu'il demande plutôt un pardon. Les conditions de sa libération pourraient servir à harceler ou à arrêter de nouveau un détenu, fait remarquer le CPJ. Il demande en outre la libération immédiate des dissidents qui sont malades.

Le Président Raul Castro a accepté en juillet 2010 de libérer les 52 dissidents toujours en prison dans le cadre d'une entente intervenue avec l'Église catholique et l'Espagne. Cette entente avait été saluée comme la plus importante remise en liberté de prisonniers politiques depuis plus d'une décennie. Le processus devait prendre quatre mois, mais il s'est étiré sur plus de sept mois.

Initialement, seuls ceux qui avaient accepté de partir en exil en Espagne ont été libérés. D'après le CPJ, l'exil de Cuba ne constituait pas une condition de l'entente, mais les 17 journalistes libérés avant Maseda s'étaient tous envolés immédiatement vers l'Espagne avec leur famille.

Avec la libération de Maseda, trois journalistes demeurent emprisonnés à Cuba. Pedro Argüelles Morán et Iván Hernández Carrillo font partie de la poignée de journalistes qui restent détenus depuis la vague de répression de 2003, et qui ont exprimé leur volonté de rester à Cuba à leur libération. Le troisième journaliste, Albert Santiago Du Bouchet Hernández, est emprisonné depuis avril 2009.

Argüelles et Santiago ont entrepris une grève de la faim le 1er février pour protester contre leur incarcération. L'état de santé d'Argüelles serait mauvais.

Dans une lettre au premier ministre espagnol, le CPJ déclare : « Le retard prolongé mis à les remettre en liberté non seulement mine la crédibilité de Cuba, mais érode les motifs que peut avoir l'Espagne pour inviter les États de l'Union européenne à normaliser ses relations avec Cuba. Le CPJ vous presse de prier le Président Castro de libérer sans retard tous les journalistes emprisonnés. »

Dans un autre développement positif, l'accès à environ 40 blogues dissidents et pages Internet - dont celles de Yoani Sánchez, « Generación Y » - est débloqué depuis le 9 février, dit Reporters sans frontières (RSF). Les reportages citent Sánchez, selon qui l'assouplissement de la censure en ligne pourrait être attribuable à une foire sur la technologie de l'information qui a eu lieu à la Havane du 7 au 11 février.

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