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Le dernier journaliste incarcéré est libéré et part en exil

Le dernier journaliste cubain toujours en prison, Albert Santiago Du Bouchet Hernández, a été libéré le 7 avril et exilé en Espagne, selon ce que rapportent le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC), Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Ceci met fin à « une époque noire de huit ans au cours de laquelle ce pays insulaire fut l'un des pires geôliers de la presse », étant même allé à un moment jusqu'à emprisonner près de 30 reporters et écrivains indépendants, dit le CPJ.

Du Bouchet Hernández a été libéré en même temps que 36 prisonniers politiques et plus de 200 membres de leurs familles, rapportent les membres. Le CPJ a qualifié ce jour d'« événement déterminant dans un effort intensif et international de défense mené par l'Église catholique, le gouvernement espagnol et les groupes internationaux de défense de la presse et des droits de la personne ».

L'ancien directeur de l'agence de nouvelles indépendante Havana Press en était à purger la deuxième année d'une peine de trois ans pour « irrespect à l'égard de l'autorité » et pour avoir distribué de la propagande ennemie. Sa libération qui fait date survient un mois après la remise en liberté des derniers journalistes dissidents toujours détenus depuis la répression de mars 2003 contre la dissidence, connue sous le nom de « Printemps noir ».

Le Président Raul Castro avait consenti en juillet 2010 à libérer les 52 prisonniers politiques restants qui avaient été épinglés lors du Printemps noir, à qui on avait fait subir un procès secret, d'une seule journée, lors desquels ils avaient dû répondre à de vagues accusations de délits hostiles à l'État, et à l'issue desquels ils avaient été condamnés à des peines allant jusqu'à 27 ans de prison. L'entente a mené à la plus importante remise en liberté de prisonniers politiques en plus d'une décennie, mais le processus - prévu pour durer quatre mois - s'est étiré sur huit mois.

Au départ, seuls ceux qui acceptaient de s'exiler en Espagne étaient libérés. D'après le CPJ, l'exil de Cuba ne constituait pas une condition de l'entente, mais trois journalistes seulement arrêtés lors du Printemps noir, Héctor Maseda Gutiérrez, Iván Hernández Carrillo et Pedro Argüelles Morán, ont été autorisés à rester à Cuba après avoir refusé l'exil comme condition de leur remise en liberté. Ils ont été mis en liberté conditionnelle.

Du Bouchet Hernández n'était inclus directement dans l'entente de 2010, mais sa remise en liberté a été accompagnée de la même condition de l'exil.

Les journalistes nouvellement libérés ont raconté leur incarcération et leur libération dans une série de reportages, Après le Printemps noir, sur le blogue du CPJ.

En dépit de ce dernier geste de conciliation, les journalistes indépendants continuent de subir harcèlement et intimidation en raison de leur travail. D'après RSF, le journaliste espagnol Carlos Hernando, collaborateur au groupe de médias espagnol Intereconomía et auteur d'un court documentaire sur about le journaliste cubain dissident Guillermo Fariñas, a été arrêté la semaine dernière et détenu pendant cinq heures à La Havane. Accusé d'« activité contre-révolutionnaire », il a reçu l'ordre de quitter Cuba dans les 48 heures.

Lauréat du Prix Sakharov 2010 de la Liberté de penser décerné par le Parlement européen, Fariñas a été mis en résidence surveillée la semaine dernière chez lui à Santa Clara, après que de nouvelles manifestations se furent déroulées dans sa ville, indique RSF.

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