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Un journaliste dissident s'enlève la vie après un an d'exil

Albert Santiago Du Bouchet Hernández
Albert Santiago Du Bouchet Hernández

Juan Carlos Herrera Acosta

Un journaliste cubain dissident libéré l'an dernier et contraint à l'exil s'est suicidé, rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Le 4 avril, le journaliste cubain exilé Albert Santiago Du Bouchet Hernández, 52 ans, s'est enlevé la vie dans la ville de Las Palmas, aux îles Canaries.

Il était le dernier de plus de 20 journalistes cubains à avoir été libérés de prison en avril 2011 et à être passés en Espagne à la suite des pourparlers de juillet 2010 entre le gouvernement du Président cubain Raúl Castro et l'Église catholique. L'exil était la condition de sa remise en liberté, comme dans le cas de la plupart des prisonniers politiques qui ont été relâchés.

Du Bouchet était directeur de l'agence de nouvelles indépendante Havana Press, basée à La Havane, qui couvrait régulièrement les nouvelles politiques de l'opposition. Il avait été emprisonné deux fois, en 2005 et en 2009, pour « irrespect à l'égard de l'autorité ». Selon le CPJ, il s'est attiré les foudres des autorités cubaines après avoir couvert en 2005 un rassemblement sans précédent de centaines d'activistes d'opposition cubains.

Comme la plupart des prisonniers politiques, Du Bouchet a été incarcéré dans des conditions inhumaines où il a dû manger des aliments pourris et vivre avec des rejets d'eau d'égout, dit le CPJ.

La nouvelle de sa mort a d'abord été rapportée par le reporter en exil Juan Carlos Herrera Acosta sur Facebook.

Herrera a dit ignorer ce qui avait poussé son ami à s'enlever la vie mais a déclaré savoir qu'il vivait une grande souffrance. « Albert était très déprimé et il était vraiment très touché par le sentiment d'être coupé de ses racines, que cause l'exil », a dit Herrera à RSF.

D'après le CPJ, l'Espagne a reçu plus de 100 prisonniers politiques cubains - et des centaines de leurs proches - qui ont été libérés à la suite de l'entente.

Le CPJ s'est penché sur les problèmes que rencontrent les journalistes vivant en exil en Espagne dans un rapport publié en juillet. Ce rapport montrait que, bien qu'un grand nombre des journalistes aient vu leurs besoins fondamentaux être satisfaits, beaucoup d'entre eux devaient affronter des difficultés économiques et des problèmes bureaucratiques - comme la difficulté à se trouver un emploi.

Les autorités cubaines n'ont toujours pas respecté leurs obligations internationales en ce qui concerne les libertés civiles, fait remarquer RSF. En particulier, elles n'ont pas encore ratifié les deux conventions des Nations Unies sur les droits civils et politiques qu'elles ont signées en 2008. Ce fait a été mis en lumière encore une fois lors de la visite du Pape, du 26 au 29 mars de cette année, visite qui s'est accompagnée d'une vague de répression contre la dissidence et du blocage des communications.

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